Points de vue alternatifs

Analyse et veille des médias internationaux : géopolitique, économie, numérique...


Version sarcastique : Les pistes proposées par la Commission pour "approfondir l’intégration sociale"

Publié par Kiergaard sur 2 Octobre 2013, 22:16pm

Catégories : #Politique

Version sarcastique : Les pistes proposées par la Commission pour "approfondir l’intégration sociale"

A la lecture du document publié aujourd'hui par la Commission on a l'impression en lisant vite que la détresse sociale va vite disparaître, que le dialogue social est retrouvé et que la dimension sociale de l'Europe est un de ses piliers majeurs... Malheureusement, si l'on parle de dimension sociale de l'Europe je me demande parfois si on ne parle pas tout simplement d'une dimension au sens d'une "autre dimension", ou alors qu'on a une acception assez large du terme social (en clair la définition du Larousse : "Qui se rapporte à une société, à une collectivité humaine considérée comme une entité propre"). On ajoutera que l'intégration doit être conçue au sens neurologique du terme (un centre nerveux qui coordonne le reste...). En croisant ces deux définitions, on obtient plus vraisemblablement la politique réelle de l'UE :
L'intégration sociale serait alors l'action par laquelle une collectivité humaine, considérée comme une entité propre (et supranationale), se voit commandée par un centre nerveux qui coordonne ses organes (nations) et ses fonctions (production principalement) (on ajoutera mal).

  • Dans un communiqué de presse pompeusement intitulé : "Avenir de l’Union économique et monétaire: les pistes proposées par la Commission pour approfondir l’intégration sociale" publié aujourd'hui, la Commission détaille ce qui va lui permettre de tenir mieux compte de la dimension sociale de l'UEM (La communication intégrale n'est pas mise en lien, je la mettrais quand je l'aurais). Lisez ce petit communiqué et ensuite dites moi si je me trompe en affirmant sarcastiquement les éléments suivants :
  • Le cadre (lénifiant): "Cette communication propose d’exploiter les règles que nous avons établies dans le cadre du semestre européen, afin que notre gestion de l'Union économique et monétaire comporte une forte dimension sociale" (dans le cadre du Semestre Européen, on saupoudre un peu de social).
  • Les pistes de la Commission :
    - On fait des tableaux pour mieux suivre tout ce qui va pas (toutes les données que ces tableaux doivent nous permettre de mieux anticiper sont déjà publiques sur Eurostat ou sur les sites statistiques nationaux de manière très complète et très fiable, on essaye peut être de donner l'impression que la situation sociale n'est pas encore assez mauvaise pour qu'on n'ait pas encore besoin .
    - Les tableaux servent à mieux "cerner","anticiper", "analyser" les problèmes (on attend la résolution avec impatience une fois que ce merveilleux travail sera fait. Et la c'est le drame...
    - On augmente de 6 points de pourcentage la part de la maigre enveloppe du Fonds Social Européen (maigre quand on pondère par pays) allouée à l'amélioration de l'inclusion sociale des moins favorisés pour "soulager la détresse sociale" (Déjà que c'est faible comme augmentation, mais quand on sait que le montant global n'augmentera pas et que cela rogne sur les autres postes (pour mémoire (cf : Fonds social de 2007 à 2013)).
    - "Le nouveau programme de l’Union pour l’emploi et l’innovation sociale, le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation et le Fonds européen d’aide aux plus démunis sont également des instruments importants qui peuvent contribuer à cet objectif." (On notera la parfaite clarté de ces dispositifs qui sentent bon le souffre)
    - Puisqu'il y a trop de chômage chez les jeunes notamment, autant s'arranger pour qu'ils partent trouver du travail ailleurs en abandonnant leur pays, leur famille, leurs amis pour aller rééquilibrer les taux de chômage et priver les pays en difficulté de leur futur. On appelle cela "la circulation des travailleurs à l’intérieur de l’Union" ou favoriser la mobilité professionnelle. C'est vrai qu'un chômeur qui doit quitter son pays par nécessité devient miraculeusement un travailleur qui circule. C'est vrai qu'un travailleur qui est contraint de quitter son pays en raison des difficultés de celui-ci (salaire, conditions de travail, perspective) est qualifié de "mobile" tout simplement.
    Si 4% de la population européenne seulement vit hors de son état d'origine c'est peut être bêtement parce qu'ils ne veulent pas le quitter et que le reste de la population aimerait ne pas être obligé d'être la variable d'ajustement des déséquilibres économiques et de production que l'Europe ne corrige pas.
    - Nous en arrivons au fameux dialogue social (plutôt la consultation sociale informative). Ce "dialogue social" repose sur :
    Rencontrer les "partenaires sociaux" (comprendre quelques organisations d'entrepreneurs et les émanations aseptisées des syndicats européens) avant l'examen annuel de la croissance (qui présente les grandes orientations de politique économique de la Commission européenne à l'attention des pays membres pour l'année à venir). En clair fixer les objectifs économiques et mettre en annexe les objectifs sociaux, économiques et environnementaux non tenus de la Stratégie Europe 2020. On les rencontre sans rien dire apparemment puisque la prochaine étape c'est :
    Faire un débat après l'examen annuel de la croissance (c'est écrit comme ça hein !!)
    3° "Tenir des réunions techniques préparatoires avant le sommet social tripartite de mars et d’autres rencontres de haut niveau" (Non, non vous ne rêvez pas c'est bien dans la partie dialogue social...)
    4° "Encourager les États membres à examiner avec les partenaires sociaux nationaux toutes les réformes découlant des recommandations par pays". L'Europe encourage le dialogue social national uniquement quand cela est fait pour les réformes qui découlent des recommandations qu'elle préconise elle-même en gros.

    C'EST TOUT !!

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents