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Un otage récemment libéré de Syrie fait des déclarations potentiellement majeures qui sont néanmoins nuancées par le second otage libéré

Publié par Kiergaard sur 9 Septembre 2013, 16:23pm

Catégories : #Géopolitique-International

Le titre est long mais c'est ce qui est le plus correct :

  • Un journaliste italien et un historien belge ont été libérés de Syrie d'une captivité de 5 mois. Des déclarations hétérogènes (pas nécessairement contradictoires) dressent un état des lieux assez dur de la situation de la Syrie.
  • Voici un tableau de leurs déclarations :
  1. Concernant l'historien belge (enseignant), Pierre Piccinin da Prata voici le tour de ses déclarations :
    - "C'est un devoir moral de le dire. Ce n'est pas le gouvernement de Bachar Al-Assad qui a utilisé le gaz sarin ou autre gaz de combat dans la banlieue de Damas. Nous en sommes certains suite à une conversation que nous avons surprise. Même s'il m'en coûte de le dire parce que depuis mai 2012 je soutiens férocement l'armée syrienne libre dans sa juste lutte pour la démocratie"
    - "Qui soutenir maintenant ? J’ai longtemps plaidé pour qu’on soutienne l’Armée syrienne libre, c’étaient des officiers sérieux qui désertaient l’armée du régime pour encadrer la révolution, et lui donner un élan démocratique et laïque. On n’a pas soutenu ces gens ; on a laissé des myriades de mouvements islamistes soutenus par des monarchies du Golfe prendre le dessus. On a laissé cette armée libre à l’abandon et, dans la déliquescence, elle a formé une série de groupes de bandits. Qui va-t-on soutenir maintenant ? C’est trop tard"
    - "Nous sommes entrés en Syrie par le Liban, le 6 avril, avec toutes les garanties nécessaires que je prends chaque fois avec l'armée libre. C'était mon 8e voyage en Syrie. Sous la protection de l'armée libre, nous sommes allés jusqu'à Al-Qusayr qui était une ville en partie assiégée. Notre objectif était de rester une journée pour éviter que le siège se referme sur nous. Malheureusement, en quittant le 8 avril au soir, peu avant 20h, nous avons été assaillis par un groupe de bandits à coloration islamiste qui nous ont gardés deux mois dans Al-Qusayr parce que le siège s'était refermé sur eux-mêmes. C'était une trahison de l'armée libre qui nous a livrés à ce groupe"
    - "Cela a été une odyssée terrifiante à travers toute la Syrie. On a été beaucoup déplacé à de nombreux moments dans de nombreux endroits. Et disons qu'à certains moments on s'est retrouvé avec des groupes. Ce n'était pas toujours le même groupe qui nous détenait, avec des groupes très violents, très anti-occidentaux et des islamistes anti-chrétiens. Cela a été parfois des violences physiques très dures [...], d'humiliations, de brimades, de fausses exécutions. Domenico a subi deux fausses exécutions au revolver. A un moment on a cru qu'ils allaient nous tuer parce qu'il nous ont dit que nous étions devenus un problème et qu'ils allaient se débarrasser de nous"
  2. Le second otage, le journaliste italien de La Stampa a lui pris ses distances avec le premier élément sans en nier la tenue et livre des détails sur cette conversation. Domenico Quirico déclare ainsi :
    - Il a déclaré : "C'est folie de dire que je sais que ce n'est pas Assad qui a utilisé le gaz" (et non "il est fou" repris dans le quotidien belge).
    - En effet, il nuance car s'il y a bien eu une conversation Skype entre 3 personnes qu'ils ne connaissaient pas en anglais, ils ne savent pas dans quelle mesure les éléments qu'ils relataient étaient tirés ou non de faits réels.
    - Abordant cette conversation il confirme néanmoins : "Dans cette conversation, ils déclaraient que l'utilisation des gaz dans les deux districts de Damas avait été faites par les rebelles comme une provocation pour inciter l'Occident à intervenir militairement. Et ils pensaient que le nombre de morts avait été exagéré"
    - "Je ne sais pas si tout cela est vrai , et rien ne me dit que ça l'est parce que je n'ai aucune preuve qui pourrait confirmer ce point de vue et je n'ai aucune idée, ni de la fiabilité de l'information, ni de l'identité des personnes. Je ne suis certainement pas en mesure de dire si cette conversation est basé sur des faits réels ou des ouï-dires ou si c'est une rumeur, et je ne peux pas me prononcer sur l'exacte teneur de ce que j'ai entendu à travers une porte"

On ne peut rien conclure c'est évident, mais rien que le fait que de telles rumeurs puissent circuler dans les rangs de groupuscules terroristes (je les qualifie ainsi en raison du fait qu'ils détenaient des otages) montrent qu'ils se posent peut être les questions que nous, ne nous posons pas...

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