Points de vue alternatifs

Analyse et veille des médias internationaux : géopolitique, économie, numérique...


Politique monétaire accomodante et chômage : la liaison dangereuse opérée par les banques centrales

Publié par Kiergaard sur 7 Août 2013, 18:08pm

Catégories : #Réflexions économiques

Quelques réflexions qui me viennent à la lecture de certains articles :

Tant que l’économie était en phase de stagnation ou de croissance médiocre le banquier central n’avait pas de mal à convaincre les investisseurs qu’il maintiendrait sa politique monétaire très accommodante pendant très longtemps. Cela paraissait logique et c’était aussi une réduction d’incertitude alors que l’environnement économique et financier était très volatil. En outre cela rassurait l’ensemble des intervenants puisqu’ainsi la banque centrale ne relèverait pas ses taux d’intérêt trop vite en cas d’amélioration de l’activité.

C’est sur ce dernier point que la situation a changé. Les risques de rupture de l’activité qui étaient encore très présents il y a quelques mois se sont estompés. L’activité donne désormais des signaux plus fermes d’amélioration.
[...]
Les banquiers centraux ne veulent pas prendre le risque de voir les taux d’intérêt de marché partir à la hausse au risque de casser l’embellie qui se dessine.
C’est pour cela que la Fed et maintenant la BoE indiquent la façon dont ils pourront intervenir dans l’économie. La Fed et la BoE ont défini des seuils à partir desquels ils pourraient modifier leur taux d’intérêt. La Fed a fixé ce seuil à 6.5%, la Banque d’Angleterre à 7%.
[...]
L’objectif des banquiers centraux est de maintenir le cap de taux d’intérêt très bas tant que la croissance n’est pas suffisamment robuste et autonome. Ils ne veulent pas que les anticipations des investisseurs s’emballent trop rapidement et perturbent le processus de reprise.

Philippe Waechter

  • A titre personnel, si l'intérêt est louable en terme de stratégie monétaire, on peut estimer qu'il est regrettable d'opérer une telle liaison qui alimente indirectement l'idée que c'est la polémique monétaire qui est l'instrument de lutte contre le chômage.
  • On peut s'interroger sur la pertinence de l'indicateur choisi quand on connaît les disparités de calcul du chômage, ainsi que les manipulations auxquelles les statistiques officielles sont sujettes.
  • Cela ne précise rien concernant les injections de liquidités de la FED et contribue d'autant plus à lier l'évolution des marchés à la seule observation des commentaires des banques centrales au détriment des fondamentaux.
  • Tout en cristallisant la politique monétaire des banques centrales concernées, elle donne un cadre très rigide qui aura forcément à être bousculé dans les 2-3 ans.
  • Si les banques centrales se soucient de stabilité économique, il faut également s'interroger sur l'effet que des taux bas et une politique accommodante aura sur les bulles d'actifs qui sont en train de se former sur les marchés (encore qu'on puisse considérer cela comme une mesure préventive pour éviter un éclatement).
  • A titre personnel, il m'apparaît dangereux que les banques centrales se risquent à guider de manière trop prononcer le comportement des acteurs de marché au détriment des fondamentaux.
  • Si la BCE faisait la même chose, je lui conseille de ne pas cibler un chômage à 7% sauf à attendre les effets du dépeuplement européen pour atteindre l'objectif.

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents