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Papiers économiques - Revue rapide et non-exhaustive des publications économiques

Publié par Kiergaard sur 4 Octobre 2013, 20:13pm

Catégories : #Papiers économiques

Je ne sais pas tellement dans quoi je me lance avec cette "série" mais allons-y ...

 

  • Le Center for Economic and Policy Research a publié en mai un article intitulé : "The Manipulation of Basel Risk-Weights" (dont voici la réception synthétique par un papier de discussion de la BCE comprenant 8 diapos à défaut de pouvoir consulter l'article entier). Cet article interroge les théories de manipulation des pondérations dans le cadre des règles prudentielles de Bâle II. Une fois l'homologation reçue par les autorités de régulation en raison du respect des règles de Bâle II, la pondération des risques à tendance à décroître, réduisant ainsi les besoins en capitaux propres. Cela est particulièrement vrai dans les pays où le cadre juridique est faible mais également (plus inquiétant pour l'Europe), ou le régulateur a un grand nombre de banques à surveiller. [En gros, on fait attention à sa présentation le jour de l'épreuve, puis après on se laisse un peu aller]
  • La Task Force of the Monetary Policy Committee of the European System of Central Banks a rendu en août un rapport intitulé : "Corporate finance and economic activity in the Euro area" dont on retiendra quelques éléments de son résumé analytique :
    - L'identification d'une accumulation de dette très importante (notamment dans les secteurs de la construction et les services immobiliers) préparant la crise et résultant de l'accompagnement du marché immobilier mais aussi d'un sur-investissement dans certains états. Le ratio d'endettement a eu un effet majeur sur la nature, la gravité et la persistance de la crise notamment en jouant négativement sur l'investissement des entreprises. Les mécanismes qui alimentaient les déséquilibres avant la crise, ont joué en sens inverse avec des effets décuplés une fois que la crise a explosé (l'offre de crédit aurait joué pour 1/3% de la perte de PIB au début de la crise selon le rapport). Les prêts commerciaux auraient joué un rôle tampon dans certains états comme en Allemagne pour pallier relativement à cette situation de restriction du crédit. Les ratios d'endettement des entreprises ont mis beaucoup de temps à baisser et encore de manière très graduelle (avec des disparités) selon le rapport ce qui est qualifié de normal dans une période de crise financière grave (perte de valeur des capitaux propres (dont on mesure alors vraiment la "valeur")). La poursuite du désendettement devra se faire, mais de manière ordonnée selon l'étude et en tenant compte des secteurs (une plus grande prudence se justifiant pour les services immobiliers et le secteur de la construction). La BCE met en garde sur le fait qu'une "dette réduite engendrée par les contraintes pesant sur les banques dans la fourniture de nouveaux crédits ou par des sociétés réduisant l'investissement pourrait être coûteux pour l'économie dans son ensemble."
    - Les implications principales à ces constats tiennent dans ce propos : "Le rôle crucial joué par le crédit bancaire avant et pendant la crise confirme l'idée qu'il est préférable d'évaluer les risques macroéconomiques et ceux pesant sur la stabilité des prix et au sein d'un cadre d'analyse à grande échelle (lien avec l'article précédent) qui apporte une attention spécifique aux les conditions monétaires et financières. Une telle évaluation devrait se concentrer sur le moyen terme, en reconnaissant que les déséquilibres qui s'accumulent souvent dans un contexte de volatilité modérée et de sous-tarification du risque, génèrent à terme une instabilité macroéconomique importante sous des délais incertains et variables".
  • Un économiste de la Banque de Grèce a publié une étude plus tôt dans l'année (je me demande pourquoi elle était dans mon flux d'infos) intitulée : "Audit and tax offenders : Recent evidence from Greece" (Audit et infractions fiscales : Récente évidence en provenance de Grèce). Le propos de l'étude est de montrer que l'intensification des vérifications fiscales peut induire une amélioration de la discipline fiscale. "Ce résultat est très important dans la conjoncture actuelle pour la Grèce, car il montre que l'amélioration du fonctionnement de l'administration fiscale et des mécanismes d'application de l'impôt peut dissuader l'évasion fiscale, augmenter les recettes fiscales et contribuer à l'effort d'assainissement budgétaire en cours". [Rien de nouveau sous le soleil, en creux on verra une sorte d'encouragement pour ceux qui sont en charge de ces vérifications fiscales et qui subissent la résignation de la population, ainsi qu'une incitation à durcir la politique fiscale du gouvernement grec dans sa dimension procédurale]
  • Dans un document de travail relatif à la prévision économique et intitulé : "Does Banque de France control inflation and unemployment ?", deux chercheurs de l'Académie des Sciences Russes travaillent à corriger le risque quadratique (ou erreur quadratique moyenne) de d'estimateurs mathématiques utilisés par la banque de France et qui tendent à améliorer ce dernier et donc les prévisions économiques de cette dernière. On notera qu'en utilisant les modèles "actuels" qui dataient d'il y a quelques années ils aboutissaient à des erreurs d'environ 1% pour le déflateur de PIB et d'1.5% pour l'Indicateur des prix à la consommation.
    [Cet article n'est pas très utile mais bon j'avais envie de le traiter pour qu'on soit un peu conscient de l'incommensurable paperasse technique qui s'accumule dans tous les champs de l'économie (bon ok au final je me suis juste dit que sinon j'avais lu l'abstract pour rien).
  • Des chercheurs de l'Austrian Institute of Economics Research analysent l'avancement et tentent d'évaluer les conséquences de la mise en place de l'Union Bancaire Européenne dans un document de travail intitulé sobrement : "European Banking Union".
    - Le processus est le suivant pour la mise en place de celle ci : 2014 : Seule le premier pilier de l'Union Bancaire sera mis en place avec le mécanisme de surveillance unique (confié à la BCE) - Le mécanisme de résolution unique et le mécanisme de garantie des dépôts uniques entreront en vigueur ultérieurement. "Jusqu'à ce que l' «européanisation» ait lieu le redressement bancaire et la résolution des défaillances bancaires seront gérés au niveau national sur la base du droit de l'UE."
    - Le point central et original du document de travail est le suivant : "Une première évaluation indique que les avantages potentiels de la résolution des problèmes bancaires via le mécanisme de résolution unique de la nouvelle Union Bancaire Européenne seraient inégalement répartis entre les pays membres de l'UE / Euro". En fonction du nombre et de la taille des banques dans le pays, ils arrivent à la conclusion que c'est l'Allemagne et la Pologne qui ont le plus à perdre, tandis que l'Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède ont le plus à gagner. La détermination des gagnats et des perdants se fait sur la base de calculs économétriques complexes mettant en relation les avantages d'une supervision européenne (calculé selon divers index) par rapport à une supervision nationale et les coûts liés à l'alimentation des fonds de secours (entre autres). Les résultats (basés sur les travaux réalisés par d'autres chercheurs sur un échantillon de banques) montrent que "countries with large domestic banks are winners; countries with no such banks are losers" (Attention, il n'est pas dit que ce sont les pays les plus sûrs !! Il est dit que le rapport bénéfices-coûts d'une supervision européenne semble plus favorable pour les pays avec une telle organisation du système bancaire (ce qui me semble contredit par ce que je vois dans l'étude étant donné que si l'Allemagne est perdante, la France l'est également (sans doute en raison de son exposition à l'étranger)).
    - Enfin ils n'arrivent pas à conclure sur le meilleur moyen d'opérer effectivement une résolution bancaire (via le mécanisme de résolution unique ou via le mécanisme européen de stabilité). Mais souligne que c'est un instrument nécessaire pour pousser vers une véritable union monétaire.
    Notons ce schéma dans l'article sur les mécanismes mis en place depuis 2010 (qui me fait penser que je dois actualiser mon article sur la gouvernance économique européenne) :
     
Papiers économiques - Revue rapide et non-exhaustive des publications économiques
  • Dans un papier de réflexion de Réserve Fédérale de Boston intitulé : "The Role of Banks in the Transmission of Monetary Policy" , deux chercheurs analysent les questions liées aux canaux des crédits bancaires ("Le « canal étroit du crédit » (CE), dit aussi « canal des prêts bancaires » est un ensemble de mécanismes qui permettent de relayer l’effet des impulsions de la politique monétaire vers la sphère réelle, à travers l’impact de l’offre de financement bancaire sur la dépense agrégée" (source) ou encore : "Le canal des prêts bancaires énonce que la dépendance de certaines entreprises du financement bancaire en présence d'asymétrie d'informations peut transférer les variations de l'offre de monnaie à l'activité réelle par l'intermédiaire du volume des prêts distribués." (source) - Les distinctions plus profondes et les débats sur cette théorie sont développés ici (Wouhou Rennes (page 10 notamment)) et déterminent la manière dont celui-ci est pleinement opérationnel. En gros cela renvoie à la manière dont les chocs monétaires provoqués par la politique des banques centrales se transmettent à l'économie réelle.
    - De ce que j'en comprends, l'auteur insiste sur le rôle du canal du crédit bancaire et sur la manière dont les banques réagissent aux variations de politique monétaire. Dans sa conclusion il note que "les banques contraintes financièrement et les emprunteurs dépendants des banques sont impactés négativement par un resserement de la polique monétaire". De plus le fait que les banques soient sous-capitalisées nuit à l'effet que la politique monétaire accomodante pourrait avoir sur le canal du crédit bancaire, de plus le secteur bancaire est toujours vulnérable aux crunchs de liquidité.
    Étant un papier de discussion, l'article laisse sur sa faim en faisant un brin de blabla sur le thème du les "futures recherches permettront de", ou "les banques conserveront un rôle majeur" comme canaux de la politique monétaire, bien que dans un "rôle changeant".
  • Deux chercheurs de l'Académie des Sciences de République Tchèque testent l'efficacité de 25 contrats à termes sur les matières premières dans un article intitulé : "Commodity Futures and Market Efficiency". Je ne développe pas. Il utilisent un indicateur appelé Efficiency Index (probablement développé dans cet article) et aboutissent à la conclusion que c'est dans le mazout et l'énergie que les contrats sont les plus efficients en terme de marché. Je pense qu'on aura quelques précisions utiles en français dans cet article ("La fonction d'information des marchés financiers à terme").
  • Un document de recherche de l'African Governance and Development Institute intitulée "Finance and growth: Schumpeter might be wrong in our era. New evidence from Meta-analysis" tend à interroger les résultats d'études concernant le lien finance-croissance mis en exergue par Schumpeter. (Le titre répond sans doute à un article de 1993 (KING R.G. et LEVINE R. [1993], «Finance and Growth: Schumpeter May Be Right», Quarterly Journal of Economics 108, pp. 83-109.). Les conclusions conduisent l'auteur à affirmer que : "Globalement, il existe un effet réel entre le développement financier et la croissance économique. La thèse de Schumpeter est peut être défectueuse à notre époque en raison des : estimations endogènes à base de biais de publication et des effets de l'activité financière. Une justification historique a également été discutée." 20 caractéristiques fondamentales qui ont influencé le débat sont discutées et permettent rétrospectivement une nouvelle lecture des débats sur la position de Schumpter.
  • L'Institute for the Study of Labor (institut de recherche économique, privé et reconnu, allemand) titre "Has Atypical Work Become Typical in Germany?" dans un papier de discussion rédigé par 2 économistes. L'article est une excellente synthèse du fonctionnement du marché du travail allemand, très aéré et plein de graphiques.
    "Ce document donne un aperçu de la transformation du marché du travail allemand depuis le milieu des années 1990, avec un accent particulier mis sur l'évolution des tendances de la segmentation du marché du travail ou «dualisation» de l'emploi en Allemagne. Alors que la dualité du marché du travail en Allemagne peut être partiellement attribuée à des réformes du marché du travail favorisant en particulier les formes atypiques d'emploi et en permettant une expansion des bas salaires, des changements structurels dans l'économie ainsi que des choix stratégiques par les employeurs et les partenaires sociaux jouent également un rôle de premier plan.
    - "Pour l'avenir prévisible, nous pouvons nous attendre à une dualisation persistante du marché du travail allemand, pourtant, il y a déjà des exigences plus sévères pour certains re-réglementation de la marge du système de l'emploi, en particulier à travers l'appel à un rétrécissement de l'écart réglementaire entre certaines formes de d'emplois atypiques et un salaire plancher contraignant." [Je pense le reprendre dans un prochain article].
  • Trois chercheuses de la Banque Mondiale ont publié un article qui fait état des progrès dans les droits des femmes pour 100 pays sur une durée de cinquante ans. L'article est intitulé : "Women’s Legal Rights over 50 Years Progress, Stagnation or Regression?". Si les progrès sont évidemment constatés (50% des barrières ont été levées, certaines contraintes juridiques dans certaines zones ont pu stager ou régresser).

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