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Papiers économiques : La diversification de portefeuille ne réduit pas le risque de crédit (physique statistique)

Publié par Kiergaard sur 6 Octobre 2013, 16:30pm

Catégories : #Papiers économiques

Papiers économiques : La diversification de portefeuille ne réduit pas le risque de crédit (physique statistique)

Thilo A.Schmitt, Desislava Chetalova, Rudi Schäfer, Thomas Guhr, "Credit Risk and the Instability of the Financial System: an Ensemble Approach" Faculté de Physique de l'université de Duisbourg-Essen, 23 septembre 2013.

  • Abstract : "L'instabilité du système financier, telle qu'elle est expérimentée au cours des dernières années et au cours des périodes précédentes, est souvent liée à des défaillances de crédit, c'est à dire au manquement de débiteurs dans l'obligation d'effectuer les paiements promis. Étant donné le grand nombre de contrats de crédit, ce problème est susceptible d'être traité avec les approches développées en physique statistique. Nous introduisons l'idée de la "moyenne d'ensemble" (ensemble averaging) et ainsi découvrons les caractéristiques génériques du risque de crédit. Nous montrons ensuite que le concept souvent évoqué de diversification, c'est à dire de réduire le risque en le distribuant, est profondément erronée quand il s'agit de risque de crédit. Le risque de pertes extrêmes restent dues aux corrélations toujours présentes, ce qui implique un danger intrinsèque substantiel et persistant pour le système financier."

  • Désolé de ne pas pouvoir donner une définition très précise de l'ensemble average, mes compréhensions en mathématiques sont limitées, de ce que j'en comprends c'est l'espérance mathématique d'une variable réelle aléatoire (défaillance de crédit en l'espèce) qui équivaut en quelque sorte à la moyenne d'une série statistique.

  • L'objectif de l'étude est de combler le manque d'une étude quantitative répondant aux standards de la physique et des mathématiques qui permette de mieux évaluer le risque de crédit. Ils partent du constat que les risques de pertes associé à un grave défaut du crédit sont largement supérieurs aux gains espérés quand il n'y a aucun défaut (à savoir la simple compensation des intérêts et du risque). Le risque de crédit (et donc de pertes beaucoup plus élevées que les gains potentiels) est constitutif en statistique d'une longue traîne (en opposition à la "queue étroite" qui correspondrait à une sous-estimation des variations extrêmes). L'enjeu est alors de savoir si il est possible ou non de réduire cette longue traîne.

  • Les auteurs se font critiques sur les institutions financières : "Les institutions financières prétendent souvent que ceci (la réduction de la longue traîne et donc des conséquences du risque de crédit in fine) peut être réalisé simplement en augmentant le nombre de débiteurs et des contrats de crédit dans le portefeuille. La diversification en résultant est alors censé réduire le risque pour la banque. Ce point de vue a été sévèrement critiquée, tant avec un raisonnement qualitatif que par des études quantitatives qui ont soulevé cette question dans la littérature économique (cf liens sur l'article). Intuitivement, il n'est pas difficile de comprendre pourquoi le concept de diversification est très discutable. Si les débiteurs sont mis en corrélation certaines dépendances mutuelles, les événements de défaut apparaissent concentrés. Il n'y a que dans le cas économiquement irréaliste d'une absence de corrélation que le concept de diversification peut fonctionner. Notre objectif est d'identifier les caractéristiques génériques du risque de crédit utilisant une approche standard de la physique statistique : une approche d'ensemble (ensemble approach - terme statistique) des corrélations. En tant qu'application, nous montrons alors que la
    diversification est vouée à l'échec, nous obtenons même exactement une limite dans la distribution des perte
    s (une courbe limite c'est donc négatif)."

  • La conclusion aux calculs (qui prennent en compte des paramètres comme le degré de corrélation ou le degré de volatilité financière et s'expriment en termes de la moyenne et des variance des fluctuations) est sans appel : "Nous arrivons ainsi à l'observation vraiment troublante que la diversification de manière générale ne peut pas fonctionner pour tout choix réaliste de structure de corrélation."
    [Les corrélations dans un portefeuille homogène (pour reprendre une image de l'article) "collent" les débiteurs et les laissent agir comme s'ils n'étaient qu'un seul et même débiteur.]
    "Tout cela revient à dire qu'il y a une instabilité intrinsèque des marchés qui ne peut pas être surmontée. Nous soulignons que nous n'avons pas étudié la «contagion de crédit» ou l'"effet avalanche" après le déclenchement d'une crise. Nous avons découvert le risque de stabilité substantiel, inévitable, qui est toujours présent, même dans les périodes où les marchés semblent calmes. Il semble donc raisonnable de promouvoir une augmentation considérable des capitaux propres détenus par les banques et autres créanciers".

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