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Les recommandations du FMI pour la "croissance et l'emploi"

Publié par Kiergaard sur 9 Juillet 2013, 20:22pm

Catégories : #Actualité économique et financière

Suite à plusieurs visites en Europe qui font partie de cycles annuels prévus dans ses statuts, le FMI remet un rapport dont il a livré les conclusions préliminaires concernant la relance de la croissance et de l'emploi. Ses conclusions s'orientent en 4 "tâches" que je présente succinctement avant de faire une petite critique rapide.

  • Tâche n ° 1: assainir les bilans des banques pour relancer le crédit :


Des bilans bancaires solides sont essentiels pour le FMI, qui voit dans l'incertitude générées par l'incapacité d'évaluer les pertes une des causes majeures de la stagnation du crédit. Le FMI appelle à une évaluation fiable des pertes et de la qualité des actifs des banques pour que les banques viables soient recapitalisées et que les banques non-viables soient restructurées ou fermées. Le secteur public et le MES devraient être les filets de sécurité nécessaires dans cette situation pour éviter l'incertitude.


Tâche 2 : Le passage à une union bancaire complète pour inverser la "fragmentation" financière :

Celle ci passerait par une surveillance systématique des mesures prises, mais également par une intervention fréquente dans les banques fragiles, une pause dans l'allocation de fonds nationaux aux banques et une atténuation du lien entre banques et états souverains. Cela passerait par l'approfondissement des mesures prises au niveau européen dans le cadre de la directive sur la garantie des dépôts et sur la mise en place d'un superviseur européen unique que serait la BCE. Un mécanisme de résolution unique puissant serait essentielle pour assurer la résolution rapide et à moindre coût des défaillances bancaires. L'objectif serait que ce soit la BCE qui s'assure du déclenchement de la résolution et du "partage du fardeau", des solutions nationales pourraient se révéler contradictoires ou poseraient des difficultés au niveau transfrontalier. Il livre ensuite des outils que la BCE pourrait utiliser, un nouveau programme de refinancement en attendant que des mesures soient adoptées, l'achat direct de certains actifs, le soutien aux PME etc...


Tâche 3 : Apporter un soutien suffisant à la demande.

En résumé, le FMI appelle à poursuivre voire à accentuer l'assouplissement quantitatif pour diminuer les incertitudes et contrer les pressions déflationnistes et à assouplir encore les objectifs budgétaires qui devraient s'inscrire néanmoins dans un programme crédible à moyen terme. Cet assouplissement pourrait se faire pour recapitaliser les banques et le temps de mettre en oeuvre les réformes structurelles.

Tâche 4: Mettre en œuvre des réformes structurelles pour stimuler la croissance.

Pour la zone euro dans son ensemble, une mise en œuvre ciblée de la directive sur les services pour éliminer les obstacles aux professions protégées, promouvoir la concurrence transfrontalière pourrait augmenter la productivité et les revenus. Une nouvelle série d'accords de libre-échange pourrait fournir une poussée plus que nécessaire pour améliorer la productivité des services. En outre, une aide supplémentaire pour le crédit et l'investissement pourrait être réalisé au moyen de facilités de la Banque Européenne d'Investissement. Les programmes de titrisation proposées par la Commission européenne et la Banque européenne d'investissement pourraient également soutenir les prêts aux PME et le développement du marché des capitaux.
Au niveau national, les rigidités du marché du travail devraient être abordées jusqu'à promouvoir des modes de négociations plus souples. Dans le même temps, l'abaissement des barrières réglementaires et la lutte contre les intérêts particuliers dans les marchés de produits destinés à l'exportation soutiendraient la compétitivité.

Tous ces éléments pourraient conduire à un surplus de croissance de 3% dans la zone euro et de 1% ailleurs... (!!!)

En somme, préserver la stabilité des banques en jouant sur la communication et les facilités en attendant la concrétisation de l'"union bancaire" tout en poursuivant dess réformes structurelles libérales conditionnant la mise en oeuvre de plans particuliers aux mains de la Commission pour les PME.

  • La critique est simple :
    - Le FMI n'agit absolument pas sur les causes qui mènent aux défaillances bancaires.
    - L'Union Bancaire s'apparente plutôt à une centralisation accrue aux mains de la BCE.
    - Les chiffres avancés par le FMI sont totalement fantaisistes quand on observe l'évolution du PIB européens sur le long terme.
    - Les programmes de financement et de titrisation de la Commission participent de l'usine à gaz qui a causé la crise.
    - Sous couvert de problèmes globalisés par de mauvaises décisions et de mauvais montages on prétend sauver les choses en centralisant la résolution des problèmes sans s'attaquer aux causes et en plus en les conditionnant à des réformes qui ont pu conduire par certains aspects à la crise.

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