Points de vue alternatifs

Analyse et veille des médias internationaux : géopolitique, économie, numérique...


MàJ : Les Minutes du FMI témoignent des divisions de l'institution lors du "plan d'aide" à la Grèce en 2010

Publié par Kiergaard sur 2 Février 2014, 13:52pm

Catégories : #Actualité économique et financière

Mise à jour : Suite à cette révélation du Wall Street Journal, il semble que de nouveaux documents soient ressortis, daté du lendemain de l'adoption du "plan d'aide" (10 mai 2010) qui permettent d'en apprendre un peu plus sur la réaction des états non-européens du FMI :
"On peut lire dans ce texte que les membres non européens du FMI épinglaient les manquements dans l’architecture de la zone euro, en ce compris une stratégie de communication "confuse" et "décousue", selon les Etats-Unis. Le représentant australien avait pour sa part souligné que le plan d’aide risquait de reproduire les erreurs commises lors de la crise asiatique, "en imposant trop de conditionnalités structurelles" à la Grèce.

Surtout, plusieurs membres du board du FMI avaient déploré que le plan ne comporte aucune possibilité de restructurer la dette grecque. Selon le Brésil, cette possibilité de restructuration et d’implication du secteur privé aurait permis d’éviter "un renflouement des détenteurs privés de dette grecque par les institutions européennes". L’Argentine, qui parlait d’expérience pour avoir fait banqueroute lors de la crise de 2001, regrettait pour sa part une rigueur budgétaire "insoutenable".

Source : La Libre Belgique.

L'enjeu étant important il faut se baser sur plusieurs sources qu offrent un éclairage différent.

(Les Échos) : "Des documents confidentiels divulgués par le Wall Street Journal révèlent qu’en 2010, une grosse minorité d’Etats au sein du FMI jugeait qu’une restructuration de la dette grecque était plus appropriée qu’une aide massive."
[...]
"Des documents frappés du sceau « strictement confidentiel » ou « secret » et dévoilés lundi soir par le « Wall Street journal » révèlent que derrière cet apparent consensus, le « board » du FMI était divisé sur l’opportunité de ce plan de sauvetage et sur la crédibilité du plan d’austérité qui l’accompagnait. L’intervention préparée par l’administrateur du Brésil, Nogueira Batista est révélatrice des critiques qui montent dans les rangs des pays non européens : « Les risques de ce plan sont immenses » disait-il, notant qu’il s’agit moins de secourir la Grèce qui va devoir entreprendre un ajustement violent, que de sauver les détenteurs privés de dette grecque. « Le programme risque de substituer du financement public à du financement privé », souligne-t-il avec clairvoyance."
[...]
"Mais à l’époque, les Européens sont bien trop préoccupés par la fragilité de leurs banques, lestées d’obligations d’Etat grecques, pour se lancer dans une restructuration de dette qui risque, selon eux, de déstabiliser l’ensemble de la zone euro par effet de contagion. C’est pourquoi le scénario d’une restructuration de la dette grecque n’est pas proposé, ni même évoqué par les instances dirigeantes du FMI."

(Ekatherimini) :
"One of the key criticisms expressed during meetings held before Athens agreed its first bailout with its eurozone partners and the IMF is that the design of the bailout favored European banks at the expense of Greece."
"According to the minutes of the May 9 meeting: “Several chairs (Argentina, Brazil, India, Russia, and Switzerland) lamented that the program has a missing element: it should have included debt restructuring and Private Sector Involvement (PSI) to avoid, according to the Brazilian ED, ‘a bailout of Greece’s private sector bondholders, mainly European financial institutions.’ The Argentine ED was very critical at the program, as it seems to replicate the mistakes (i.e., unsustainable fiscal tightening) made in the run up to the Argentina’s crisis of 2001.

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents