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La reconstruction en Haïti : détournement de l'aide humanitaire, perte de souveraineté, hôtels de luxe, misère, baisse des salaires...

Publié par Kiergaard sur 6 Septembre 2013, 12:32pm

Catégories : #Géopolitique-International

Le travail réalisé pour cet article est très intéressant, j'en recommande vraiment la pleine lecture pour avoir un point complet sur la situation...

Voici quelques données clés :

  • « La communauté internationale est tellement désorientée qu’elle laisse les Haïtiens diriger Haïti » Luigi R. Einaudi, diplomate de carrière étasunien, membre du Council on Foreign Relations et ancien secrétaire général adjoint de l’Organisation des États américains.

  • "Aujourd’hui, la « communauté internationale » dirige à nouveau Haïti, de manière coloniale, comme elle l’a toujours fait.

    On peut le voir en comparant la très lente reconstruction des abris et de l’infrastructure de base pour la majorité des Haïtiens avec le boom des hôtels de luxe pour les étrangers, parfois grâce à des fonds provenant de l’aide humanitaire, laquelle, nous disait-on, devait assurer les besoins essentiels des Haïtiens.

  • "Il y a un an, le Clinton-Bush Haiti Fund a investi de l’argent de l’aide humanitaire dans un hôtel cinq étoiles, alors que 500 000 Haïtiens vivaient toujours dans des camps de déplacés"

  • "Aujourd’hui, alors que 300 000 Haïtiens vivent toujours dans des camps, un « nouvel hôtel Marriott s’élevant parmi les décombres en Haïti vient de recevoir un appui financier considérable de 26,5 millions de l’International Financial Corporation (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale" // "En tout, presque la moitié des investissements de l’IFC ont aidé à construire des hôtels luxueux dans une riche banlieue, où réside l’élite haïtienne."

  • "L’IFC fait partie du Groupe de la Banque mondiale. La Banque mondiale a été la cible de critiques pour des initiatives comme le Projet national de développement communautaire participatif (PRODEP). À la suite d’une enquête de huit mois, Haiti Grassroots Watch a conclu que PRODEP « a contribué à miner un État déjà faible, a endommagé le « tissu social » haïtien, a mis en œuvre ce que l’on pourrait appeler une « réingénierie politique et sociale », a soulevé des questions de gaspillage et de corruption […] a contribué à renforcer le statut de « république d’ONG » d’Haïti […] a abîmé les systèmes de solidarité traditionnels et a même, dans certains cas, accru le pouvoir des élites locales"

  • La constitution haïtienne n'est pas respecte quant à l'inclusion des mines dans le domaine public de l'état, des dérogations sont accordées à des investisseurs étrangers.

  • "En juin dernier, un rapport du Government Accountability Office (GAO) des États-Unis a critiqué l’USAID (l’Agence des États-Unis pour le développement international) pour son manque de transparence, de multiples délais, des dépassements de coûts et la réduction d’objectifs. Le rapport met en évidence un paradoxe frappant : bien que les sommes allouées aux abris aient presque doublé, le nombre d’habitations à construire a été étonnamment réduit de 80 % "

  • The Center for Economic and Policy Research (CEPR) a analysé les 1,5 milliard de dollars promis après le séisme du 12 janvier en Haïti et a conclu que l’argent qu’il avait pu retracé était, “en grande partie”, allé directement aux compagnies et organisations étasuniennes, dont plus de la moitié dans la seule région de Washington »." (des chiffres sont disponibles ici, un rapport récent est disponible la)

  • "Caracol (un parc industriel) a été promu comme une façon de décentraliser le pays et créer, potentiellement, entre 20 000 et 65 000 emplois. Un an plus tard, les résultats sont loin des attentes :

    Un an après son ouverture, seulement 1388 personnes travaillent dans le parc […] De plus, les recherches de HGW basées sur un échantillon de travailleurs ont conclu qu’à la fin d’une journée de travail, il ne reste à la majorité d’entre eux que 57 gourdes, soit 1,36 $ US, après avoir payé pour leur transport et leur nourriture avec leur salaire minimum de 200 gourdes (4,75 $ US).

    HGW a par ailleurs appris que la plupart des fermiers chassés de leurs terres pour laisser la place au parc sont toujours sans terre.

    « Avant, Caracol était le grenier du département du Nord-Est », a affirmé Breüs Wilcien, l’un des fermiers expulsés de la zone de 250 hectares. « À l’heure actuelle, il y a une pénurie de certains produits dans les marchés locaux. Nous sommes ici dans la misère. »"

  • "Un rapport de 2010 du Council on Hemispheric Affairs a conclu que le « sauveur » d’Haïti, l’ancien « président Bill Clinton ainsi que d’autres résidents de la Maison-Blanche [ont condamné] Haïti à une pauvreté endémique avec leur politique intéressée d’exportation de riz ». "

  • "Dans les années 1950, l’agriculture représentait 90 pour cent des exportations haïtiennes. Aujourd’hui, 90 pour cent des exportations proviennent du domaine du vêtement, alors que plus de la moitié de la nourriture du pays est importée." // "les Haïtiens gagnent moins aujourd’hui qu’ils ne gagnaient sous la dictature de Duvalier. Les salaires ont à peine augmenté et valent maintenant la moitié de leur pouvoir d’achat de 1984."

  • "La communauté internationale n’aide pas à reconstruire Haïti. Elle y renforce le colonialisme avec ses compagnies qui utilisent la population haïtienne comme main-d’œuvre esclave afin d’augmenter leurs profits. La différence saisissante entre la lente reconstruction favorisant les Haïtiens comparativement à la croissance rapide de l’industrie des hôtels de luxe démontre qu’en Haïti, c’est l’étranger d’abord. Malheureusement, la «suprématie blanche » et l’esclavage se portent toujours très bien dans la Perle des Antilles."

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