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Intégration des roms et Europe "fouettarde" : les paradoxes de la lutte pour "l'existence" politique

Publié par Kiergaard sur 28 Septembre 2013, 09:39am

Catégories : #Politique

Intégration des roms et Europe "fouettarde" : les paradoxes de la lutte pour "l'existence" politique
  • La course à l'existence politique qui tient lieu de "débat politique" bat son plein en ce moment. Les "débats" en cours apparaissent en eux-même plus ou moins insignifiants :
    - "ras-le-bol" fiscal comme seul grille de lecture de la politique fiscale. L'an prochain on aura droit aux "les impôts c'est pas beau" ou "les prélèvements c'est chiant".
    - La polémique ridicule sur l'intégration des quelques milliers de roms français : autant s'interroger sur la contribution des sans-domicile fixe au PIB.
    - Les déclarations émanant de tout les bords sur l'Europe fouettarde etc...
  • Néanmoins si l'on tire les conclusions logiques de ces débats on peut déployer une petite analyse qui est très révélatrice sur le fonctionnement actuel des choses :
  1. L'évidence factuelle acquiert une portée majeure pour les médias étant donné que plus aucun argument construit ne prend le pas sur un autre dans un réel échange de points de vue (puis c'est compliqué de chercher...). Aucune réflexion sur la politique fiscale, pas de réflexion sur la pauvreté, simplement des évidences qui justement sont assénées pour ne déboucher sur rien ou sur des victoires d'opinion à la Pyrrhus.
    - Le "ras-le-bol fiscal", tout le monde est content, ça permet de taper sur le gouvernement à peu de frais en jouant sur le sempiternel porte-monnaie délesté par le vilain état. Mais pour le gouvernement, cela permet de s'en sortir sur la justification de tout son budget simplement en proclamant faire une petite pause. Indignez-vous pour que rien ne change.
    - L'intégration à la société française des roms : Comme je l'ai dit en soi, cela n'a absolument aucun intérêt. Quand on vit dans des caravanes sur des parkings ou dans des bidonvilles on n'est pas intégré sur la société française. De la même manière que quand on vit dans la rue on ne participe pas à relancer le PIB du pays.
    Néanmoins aujourd'hui que voit-on ? : Des sondages habilement réalisés montre un soutien nécessairement élevé à une proposition du style : "pensez vous que les roms sont intégrés à la société ?". Ce qui relève d'une évidence flagrante se transforme en " Exclusif : Sondage : les Français soutiennent Valls sur les Roms" qui consacre la "victoire" de Valls dans l'opinion.
    Valls aurait pu nous dire que 2+2=4 et le résultat aurait été le même. In fine qu'est ce qui changera concrètement ? Rien (si ce n'est une campagne médiatique à peu de frais pour Manuel Valls).
    - Néanmoins on peut lier cet élément à un autre qui est d'autant plus important en franchissant une étape dans l'analyse :
  2. L'Europe se construit via des partis et des personnes qui se font élire de manière quasi exclusive sur un rejet de l'Europe telle qu'elle fonctionne actuellement : J'hésite à parler de captation indue de la critique de l'Europe ou de la magouille du siècle dans la dénonciation des populismes anti-européens.
    La dénonciation des sanctions européens, la critique et les nuances apportées aux recommandations de celle-ci, la critique de la bureaucratie, de la perte de souveraineté, de l'éloignement des institutions européennes de la réalité, l'exaltation de certains problèmes locaux amenant à des condamnations de Bruxelles etc... sont les seuls moteurs encore vaguement en marche de soutien aux partis de gouvernement.

C'est ainsi que les choses fonctionnent, l'indignation n'amène rien d'autre que la récupération des évidences par ceux qui veulent que rien ne change.

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