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Des travaux préliminaires incitent à réduire l'aléa moral en réduisant la taille des banques et appellent à la prudence quant à la politique monétaire

Publié par Kiergaard sur 28 Septembre 2013, 20:33pm

Catégories : #Réflexions économiques

  • Deux études récentes (septembre et août) émanant pour l'une d'un chercheur de la FED de Dallas et pour l'autre de 3 chercheurs (l'un du FMI, les deux autres économistes auprès du bureau des gouverneurs de la FED) sont particulièrement intéressantes concernant la politique monétaire actuelle.
  • Tout d'abord, ces études font partie d'un nombre important de publications destinées à stimuler le débat et la recherche économique concernant la fixation de la politique monétaire. Ce sont, en théorie, par elles que le débat se fait (nous nuancerons plus tard).
  1. La première étude est intitulée : "Is Monetary Policy a Science? The Interaction of Theory and Practice Over the Last 50 Years". Nous y apprendrons ,en parcourant l'étude, son résumé et sa conclusion, les points suivants :
    - L'auteur souligne que les déclarations de banques centrales "indépendantes" (les guillemets sont de l'auteur) ainsi que la politique monétaire joue un rôle de plus en plus important depuis de nombreuses années.
    - Cela ne manque pas de l'étonner dans la mesure où, il n'existe aucun corpus scientifique (ou de croyances fondées sur des preuves) détaillant ce que devrait être une bonne politique monétaire. Parmi les banques centrales, l'entente n'est pas la règle sur ce que la politique devrait être.
    - Les comportements concernant les aspects de la politique monétaire, ses objectifs et moyens ont été fluctuants dans les 50 dernières années, empêchant que ne se dessinent les bonnes pratiques. Les attitudes des banques centrales ont été conjoncturelles.
    - Le papier suggère des pistes sur ce que la réflexion sur la politique monétaire consécutive à la crise pourrait être : les réflexions sur la stabilité financière et le taux d'inflation, sur le rôle de la monnaie et du crédit, les effets à moyen-terme des politiques monétaires ultra-accommodantes "nécessitent toute notre attention".
    - Au vu "de l'absence du degré de connaissance requis sur ses effets, la politique monétaire est actuellement en train d'invoquer de manière de manière trop large la poursuite de la «croissance forte, équilibrée et durable."
  2. La seconde étude (qui n'est qu'un document visant à stimuler le débat selon le disclaimer qui ouvre le document) est intitulée : "International evidence on government support and risk taking in the banking sector", nous y apprenons les points suivants :
    - "Le soutien du gouvernement aux banques à travers l'octroi de garanties explicites ou implicites affecte la volonté des banques concernant la prise de risque en réduisant la discipline de marché ou en augmentant sa charter value" (en gros la valeur avec laquelle la banque peut faire des affaires)
    - En utilisant un échantillon large de banques "notées" internationales, les auteurs arrivent à la conclusion que le soutien public apporté aux banques a conduit à une prise de risque plus importante de celles-ci avant et pendant la crise de 2008-2009.
    - Notant que la réduction de l'éventail de l'activité des banques permettait des liens positifs entre le soutien du gouvernement et la prise de risque, ils jugent nécessaire de renforcer la discipline de marché et de réduire la complexité des banques pour réduire l'aléa moral.

  • Ces études n'assènent pas des vérités, elles ne constituent que le résultat de l'utilisation de certains modèles, on trouve des publications qui aboutissent à des résultats plus nuancés. Le problème n'est pas la (encore que...), le problème tient sans doute plus à l'absence d'une réelle prise en compte de certaines études du fait de la composition du bureau des gouverneurs de la FED, de certaines habitudes de communication qui obéissent à des consensus plutôt qu'à une recherche économique objective...
    On peut voir un problème également dans les conclusions d'une 3ème étude (qu'évidemment je ne retrouve plus...) mais dont les conclusions étaient grosso-modo les suivantes

    3° En élargissant le conseil d'administration aux petits actionnaires et à des acteurs plus variés de manière générale, on réduisant la propension de la banque à prendre des risques ou à faire des erreurs, l'étude appelait à favoriser des réformes tendant à inciter les banques à prendre structurellement moins de risques plutôt que de simplement empêcher leur faillite.

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