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De la terre à la connaissance : que nous reste-t-il ?

Publié par Kiergaard sur 22 Avril 2013, 23:24pm

Un petit billet un peu désabusé rédigé sur un coin de clavier sur le thème : Qu'avons nous encore entre nos mains aujourd'hui ?

Dans les bouleversements à venir dont les prémisses se déroulent déjà il faudra s'interroger in fine, et si possible avant, sur les potentialités à notre disposition pour lutter contre ou sortir du marasme. Si on tente un bref inventaire au début de ce qui s'annonce comme un bouleversement majeur, on est surpris de constater que la course à tout ce qui est nécessaire pour une potentialité agissante est capté par les élites du système antérieur ou les élites émergentes au détriment de la liberté de chacun à sa propre autodétermination ou simplement à l'émergence nécessaire d'une autre organisation.

La terre est de plus en plus concentrée aux mains des spéculateurs et des acteurs des marchés internationaux de matières première protégés en cela par le droit de propriété qui permet en période de crise de déposséder ceux qui ne peuvent faire face. Protégés également par le système concurrentiel qui, malgré les aides diverses et diversement contestées, favorise la concentration, les grandes exploitations. Cette concentration est une calamité quand on sait qu'elle diminue le nombre de personnes disposant du savoir-faire agricole qui est à la base de notre alimentation.

Peut être nous reste-t-il notre bon vieux modèle démocratique dont les droits nous protègeraient des troubles tout en permettant une efficience institutionnelle par le bon sens des peuples ? Mais comme montré dans le précédent article la démocratie peut également être un facteur de conservatisme et de domination, on le voit clairement dans le traitement médiatico-politique de la crise que nous traversons et dans les agitations alarmistes d'un "retour des nationalismes" etc...
Le vote est la caution morale de la domination résultant de rapports de pouvoirs antérieurs sur lesquels le citoyen de base n'a que peu de prise. Dans un contexte de crise le jeu se joue ailleurs. Le jeu démocratique se résume à des thèmes de société clivant censés faire perdurer de vieux marqueurs idéologiques.
Dans les réunions de banques centrales, dans les salles de marchés, sur le marché des matières premières, dans les contrats d'armement, dans les rapports de forces internationaux. La démocratie et l'expression populaire n'a que peu d'importance dans ces cercles.

Si encore il restait un peu d'argent dans nos poches pour que certaines potentialités puissent se déployer utilement par la base...
Le souci c'est que l'argent est dans le circuit bancaire et quand l'argent est dans le circuit bancaire, non seulement il nourrit certains excès (certaines vertus dans une certaine mesure) mais il sert de caution à ces excès comme on le voit avec les ponctions sur les dépôts.

Il reste encore peut être l'esprit humain, la pensée .. mais la il faut immédiatement citer David Bohm :

La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité

Nos représentations et nos perceptions sont formatées ou plus précisément sont sous pression constante... on peut arguer que la liberté de pensée n'a jamais été aussi vaste, que le choix est offert etc... mais ces choix sont souvent porteurs de différenciation, d'oppositions, de conflits et sont donc un frein à une pensée globalisante tournée vers un but commun.

Nous reste-t-il la cohésion d'un peuple, d'une ethnie, d'une nation selon ? Les clivages politiques, les inégalités, les rapports de domination, la construction européenne, de mauvais choix politique et économique en ont sapé clairement les fondements...

Que reste-t-il donc ? L'espoir ? Mais pour combien de temps.

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