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Conférence de Genève 2 : L'opposition syrienne aura-t-elle un représentant légitime ?

Publié par Kiergaard sur 1 Octobre 2013, 10:46am

Catégories : #Géopolitique-International

Conférence de Genève 2 : L'opposition syrienne aura-t-elle un représentant légitime ?
  • Alors que la conférence de Genève 2, qui doit s'organiser mi-novembre selon les souhaits russes, américains et de l'ONU, la presse russe, le ministre des affaires étrangères russes et la situation sur le terrain laisse craindre un certain flou au niveau de l'opposition...
  • Pour la presse russe, "la Russie a rempli sa part des accords préalables : le gouvernement syrien est prêt à envoyer sa délégation aux négociations." (Rossiïskaïa gazeta via RIA Novosti). En revanche, alors que la position de l'ASL ou du CNS a parfois été fluctuante sur une participation à une telle conférence selon les circonstances, John Kerry a souvent affirmé que faire venir l'opposition à la conférence serait une possibilité.
  • Néanmoins la situation sur le terrain (cf : article d'hier sur la situation du Front al-Nosra notamment) est caractérisée par :
    1° Une alliance de fait entre rebelles "modérés" et "extrémistes" qui ne poursuivent pas les mêmes objectifs lors des combats contre le gouvernement.
    2° Des tensions entre groupes allant jusqu'à des affrontements et une forte mobilité des combattants au sein des groupes.
    3° Une population de plus en plus acquise (car sous la protection et l'autorité) des groupes les plus organisés (les plus radicaux).
    4° Des scissions dans l'ASL (combattants) dont certains membres rejettent l'autorité de l'opposition politique exilée (en Turquie) et qui commande de loin appuyée par les occidentaux.
  • Qui représentera l'opposition syrienne à Genève 2 ? :
    - Des membres du CNS dont la légitimité est remise en cause par la moitié des combattants actifs en Syrie ? (estimations basées sur les derniers communiqués des groupes extrémistes)
    - Des membres de l'ASL qui combattent effectivement le régime mais ne sont pas coordonnés efficacement avec le CNS et dont le bénéfice des victoires tombe dans l'escarcelle des djihadistes ?
    - Les 2 ? Au risque de souder définitivement les groupes salafistes-djihadistes contre l'opposition pour le contrôle du nord et de l'est de la Syrie ?
  • C'est dans ce contexte qu'il faut lire la déclaration de Sergeï Lavrov dans laquelle il exprime des doutes sur la capacité des occidentaux à faire venir l'opposition à la conférence. Il faut absolument faire venir des membres modérés à cette réunion mais il y a un manque de clarté sur la situation dans la région selon lui et trop de temps à déjà été perdu renforçant la position des djihadistes et alimentant les défections dans les commandements de l'opposition. De cette manière, il renvoie la balle dans le camp des occidentaux en les incitant à clarifier leur position avant la conférence.
  • De plus au niveau de ce que chacune des parties semble demander à la conférence, les certitudes sont faibles :
    - L'opposition veut un départ d'Assad et la formation d'un gouvernement de transition. Si l'idée d'un gouvernement de transition fait son chemin, elle ne changera rien à la volonté constitutionnellement fondée d'Assad de se maintenir au pouvoir jusqu'aux élections de 2014, ni au fait que de larges parties du territoire sont hors contrôle de l'état syrien.
    - La Russie veut préserver l'intégrité territoriale syrienne, mais les djihadistes contrôlent déjà de nombreuses régions.
    - Un cessez-le-feu ne concernerait que certains éléments combattants et surement pas les plus radicaux laissant le pays dans une situation très délicate.
    - Dans tous les cas, il semblerait que l'influence majeure des djihadistes et islamistes radicaux soit actée peu importe ce qui ressortira de cette réunion...

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