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Crise ukrainienne : Vers la remise en cause de l'acte fondateur du Conseil OTAN-Russie ?

Publié par Kiergaard sur 31 Août 2014, 17:43pm

Catégories : #Géopolitique-International

La Pologne, les États Baltes et le Canada souhaiteraient revenir sur "l'Acte Fondateur sur les Relations, la Coopération et la Sécurité Mutuelles entre l'OTAN et la Fédération de Russie" signé à Paris en 1997, d'après des informations du Spiegel. Cet acte fondateur était à la base de la déclaration de Rome signée en 2002 qui ouvrait la voie au Conseil OTAN-Russie. La récente crise ukrainienne avait amené à une suspension de la coopération entre l'OTAN et la Russie, mais la remise en cause de l'acte fondateur signifierait beaucoup plus que cela... Néanmoins, une majorité de pays de l'OTAN, Allemagne en tête, s'opposeraient à un tel retour en arrière .

 

Crise ukrainienne : Vers la remise en cause de l'acte fondateur du Conseil OTAN-Russie ?

Alors que le sommet de l'OTAN au Pays de Galles approche à grands pas, dans l'ombre de la crise ukrainienne, plusieurs pays de l'Alliance feraient pression pour qu'il soit revenu sur l'acte fondateur des relations entre l'OTAN et la Russie. Les États baltes, la Pologne et le Canada (pour d'évidentes raisons stratégiques) s'opposent ainsi à l'Allemagne (probablement à d'autres membres de l'Alliance) sur cette question. 

Ce document (disponible en français) de 1997 a ouvert la voie à la célèbre déclaration de Rome de 2002 (Pour plus d'informations) qui pose les bases d'une coopération civile et militaire entre la Russie et l'Alliance Atlantique dans le cadre du Conseil OTAN-Russie.

Hormis une méfiance latente, pour la Pologne et les pays baltes, et des intérêts stratégiques liés à la question de l'Arctique, pour le Canada, une des raisons de la remise en cause de l'acte fondateur de 1997 réside dans le fait qu'il sert de fondement indirect aux restrictions à l'établissement de nouvelles bases de l'OTAN en Europe de l'Est. L'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et le Canada souhaitent tirer les conséquences de la récente escalade verbale entre l'OTAN et la Russie en revenant sur cet acte fondateur et en poussant les autres états-membres à une ligne dure contre la Russie. 

L'Allemagne, et probablement d'autres pays, serait opposée à un tel retour en arrière, mais la communication actuelle autour des incursions russes en Ukraine rend sa position difficile à tenir sur le plan diplomatique. 

La question reste de savoir s'il est judicieux de revenir sur un acte qui affirme dans son préambule que "l'OTAN et la Russie ne se considèrent pas comme des adversaires". Il est incontestable que la Russie a très probablement manqué à de nombreuses reprises aux obligations découlant des principes posés dans ce document. De la même manière, la Russie s'est montré critique des actions de l'OTAN et de son expansion vers l'est. Dans ce jeu de communication où ce sont les voix les plus dures qui s'expriment le plus souvent, on peut craindre une dégradation significative des relations entre la Russie et le bloc occidental. L'Alliance Atlantique veut elle revoir entièrement ses relations avec la Russie et détruire 25 années de discussions et de coopération, difficiles et mouvementées certes, ou la diplomatie et le dialogue reprendra t-il le dessus ? Faire porter la responsabilité à la Russie pourrait être aisé, cependant doit-on dépasser le registre des réponses à une crise sévère pour modifier en profondeur les relations avec Moscou ? À titre personnel, j'en doute. 

Dans cette ambiance diplomatique glaciale, éteindre le feu du dialogue et de la coopération me paraît risqué. 

 

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