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38 groupes de journalistes écrivent à Obama pour dénoncer une "censure" insidieuse

Publié par Kiergaard sur 10 Juillet 2014, 10:55am

Catégories : #Culture et Médias

C'est une première : Les dirigeants de 38 groupes de journalistes et groupe de défense des libertés ont cosigné une lettre dénonçant la "forme de censure" résultant des politiques de communication adoptée par les administrations américains sous la présidence Obama. Ils appellent le président américain à tenir les engagements pris lors de son élection.

38 groupes de journalistes écrivent à Obama pour dénoncer une "censure" insidieuse

La lettre est disponible sur cette page (notamment). En voici quelques extraits : 

« Mr le Président 

Vous avez récemment exprimé la crainte que la déception dans le pays ne mène au cynisme concernant un gouvernement démocratique. Vous n'avez pas besoin de chercher plus loin que votre propre administration pour trouver une source importante de cette frustration - la suppression politiquement motivée d'information et de nouvelles à propos des agences fédérales. (...)

Durant les deux dernières décennies, les agences fédérales ont de plus en plus prohibé à leur personnel de communiquer avec les journalistes à moins que ceux-ci ne passent par des bureaux de relations publiques ou des agents nommés de manière politique. Cette tendance fut très prononcée au sein du gouvernement fédéral. Nous considérons ces restrictions comme une forme de censure - une tentative de contrôler ce que le public est autorisé à voir et entendre.

La répression de la liberté d'expression se produit malgré votre promesse initiale d'apporter une "nouvelle ère d'ouverture" au gouvernement fédéral (...)

Des recherches récentes ont montré que le problème s'aggrave dans tout le pays, particulièrement au niveau fédéral. Des journalistes rapportent que la plupart des organismes fédéraux interdisent à leurs employés de communiquer avec la presse à moins que des personnels de relations publiques n'assistent aux échanges. Le contact est souvent complètement bloqué. Lorsque des responsables des affaires publiques s'expriment, même sur les affaires publiques de routine, ils le font souvent de manière confidentielle malgré le titre de "porte-parole". Des reporters en quête d'entretiens doivent demander la permission, fournissant souvent des questions à l'avance. Les retards peuvent s'étirer pendant des jours, plus que la plupart des délais ne permettent (...)

Dans de nombreux cas, cela est clairement fait pour contrôler ce à quoi les journalistes d'information - et le public qu'ils servent - ont accès. Une enquête a révélé 40% des responsables des affaires publiques ont admis qu'ils ont bloqué certains journalistes parce qu'ils n'aimaient pas ce qu'ils ont écrit.

Certains prétendent qu'un accès contrôlé aux médias est nécessaire pour s'assurer que l'information qui en sort est correcte. Mais lorsque les journalistes ne peuvent pas interroger le personnel de l'agence, ou ne peuvent le faire que sous surveillance, cela sape la compréhension du public, et la confiance dans le gouvernement. Ce n'est pas une "presse contre le gouvernement" dont il est question. Il s'agit de promouvoir une démocratie forte où les gens ont l'information dont ils ont besoin pour être autonomes et avoir confiance dans ses institutions gouvernementales.

Il n'en a pas toujours été ainsi. (Le rôle des deux dernières administrations est mis en exergue). Pendant ce temps, le personnel des agences est libre de parler à d'autres - des lobbyistes, des représentants d'intérêts privés, des gens avec de l'argent - sans ces contrôles et sans supervision publique. 

(S'en suivent quelques exemples concrets dont une liste plus longue est disponible ici)

Les organisations signataires demandent que vous cherchiez à mettre un terme à cette restriction sur la communication dans les organismes fédéraux. Nous demandons que vous émettez une directive claire indiquant aux employés fédéraux qu'ils ne sont pas seulement libre de répondre aux questions des journalistes et du public, mais qu'ils sont en fait encouragés à le faire. Nous pensons que c'est une des choses les plus importantes que vous pouvez faire pour la nation, avant que ces politiques ne deviennent encore plus ancrées.

Nous vous demandons également de fournir un moyen par lequel les incidents liés à cette suppression de la communication peuvent être signalés et corrigés. Créer un poste de médiateur pour surveiller et appliquer votre objectif déclaré de rétablir la transparence au gouvernement et de donner au public la vérité sans fard sur son fonctionnement. Cela en fera beaucoup pour dissiper la déception et le cynisme des Américains avant qu'ils ne deviennent les nouvelles poisons de notre démocratie ».

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