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Ukraine : L'approche de l' "Initiative de Vienne" appliquée au secteur financier

Publié par Kiergaard sur 7 Juin 2014, 10:30am

Catégories : #Actualité économique et financière

Une réunion des autorités ukrainiennes, de représentants de plusieurs institutions financières internationales, de banques commerciales etc..., se sont réunies à Kiev le 5 juin dans le cadre du "Ukraine Financial Forum" pour discuter des moyens de faire avancer les réformes financières dans le pays. L'approche de l'Initiative de Vienne a été appliquée pour soutenir les réformes. Cette information parue uniquement sur les sites de diverses institutions financières internationales permet de faire un point sur cette "Initiative de Vienne". 

Ukraine : L'approche de l' "Initiative de Vienne" appliquée au secteur financier

Initiative de Vienne ? (site internet)

En synthétisant, on pourrait soutenir qu'il s'agit d'une modalité incomplète de gouvernance internationale du secteur financier d'un État confronté aux problématiques et contraintes découlant d'un système financier mondialisé. Incomplète car elle n'établit pas directement de règles, cependant elle en suggère les modalités, et assure leur conception et leur mise en oeuvre effective. Voici quelques illustrations et définitions officielles.

« Impulsée par la BERD, la dite initiative a été prise en janvier 2009 afin de soutenir les pays d’Europe centrale les plus durement touchés par la crise. L’objectif était d’empêcher la fuite de capitaux et le risque d’une crise systémique bancaire régionale. Pour cela, les créanciers privés ont été associés aux plans d’aide mis en place par les organismes supranationaux : FMI, Commission européenne, BEI, Banque mondiale, BCE. Les banques mères des établissements implantés dans la région s’engagèrent ainsi à ne pas réduire leur exposition sur leurs clients locaux et à recapitaliser en cas de besoin leurs filiales locales, participant ainsi à l’effort de stabilisation financière. La Bosnie-Herzégovine, la Hongrie, la Lettonie, la Roumanie la Serbie, ont ainsi pu bénéficier de cette forme de partenariat "public-privé" » (Source : Globalix)

 

« L’Initiative de Vienne a été lancée au plus fort de la crise en 2008/09 pour aider à éviter que les groupes bancaires transfrontaliers de l’Europe occidentale, dont les succursales dominent les systèmes bancaires de l’ECESE (Pays de l'Europe centrale, de l'Est et du sud-est), ne se précipitent vers la sortie. Les banques ont conclu des accords explicites de maintien des expositions dans le cas de cinq pays qui ont un programme. L’Initiative regroupe les grandes institutions financières internationales (BERD, Banque mondiale et FMI), la Commission européenne et les institutions pertinentes de l’UE, les principaux groupes bancaires transfrontaliers et les  autorités des pays et des pays hôtes. 
L’Initiative a été relancée sous le nom de Vienne 2 en janvier 2012, en réaction à une seconde vague d’inversion du levier financier et aux lacunes de la supervision. Elle met l’accent sur l’amélioration de la coopération entre les pays et les pays hôtes, tout en suivant le rythme de l’inversion du levier financier, pour assurer qu’il est ordonné, et en suivant l’évolution du crédit. Elle publie le «Moniteur du désendettement et du crédit de l’ECESE», formule des recommandations à l’intention des institutions européennes pertinentes en vue d’une amélioration de la coordination de la supervision et de la résolution bancaire transfrontalière ; elle organise des symposiums bancaires transfrontaliers dans le pays d’accueil qui offrent une occasion de dialogue entre les banques qui sont systémiquement importantes dans un pays et les interlocuteurs majeurs de ces banques : l’autorité monétaire et le régulateur, les sièges des groupes bancaires internationaux et leurs régulateurs.»
» (Source : FMI) 

 

« L'initiative de coordination des banques européennes (Initiative de Vienne) cherche à préserver la stabilité du secteur financier dans les pays du centre, de l'est et du sud-est de l'Europe. Il s'agit d'une plateforme permettant aux acteurs internationaux des secteurs public et privé de prendre des décisions coordonnées. La BEI, la Commission européenne, la BERD, le FMI et la Banque mondiale ont été à l'origine du lancement de l'initiative de Vienne et ont contribué à son développement.

Continuer à octroyer des crédits en temps de crise

Lancée en janvier 2009, l'initiative a contribué à l'élaboration de mesures d'urgence pour résoudre la crise, dans le but de garantir la viabilité à court terme du secteur bancaire de la région. Les travaux ont visé pour l'essentiel à éviter que les groupes bancaires internationaux se retirent de la région. Par ailleurs, la BEI, la Banque mondiale et la BERD sont intervenues pour continuer à injecter des crédits dans ces économies.

Politiques coordonnées à long terme

Une fois la crise immédiate éloignée, les efforts ont eu pour objectif de coordonner une action à plus long terme et de lutter contre toute résurgence des tensions financières. Après l'apparition de nouveaux problèmes systémiques à la fin de 2011, il a été décidé d'inscrire ces dispositifs dans un cadre plus formel. C'est ainsi qu'a été lancée l'initiative Vienne 2.0 en janvier 2012.

Plus précisément, cette dernière a pour objectifs :
la prévention de désendettements désordonnés ;
le règlement d'éventuels problèmes de stabilité financière transfrontalière ;
la réalisation de politiques (notamment dans le domaine de la supervision) conduites dans l'intérêt collectif.
» (Source : BEI)

 

 

  • C'est désormais à l'Ukraine de "bénéficier" de cette "approche" comme en témoigne le communiqué de presse publié sur les sites des organisations financières internationales : 

Les autorités ukrainiennes, des banques commerciales, des institutions financières internationales et d'autres décideurs clés se sont réunis à Kiev le 5 juin pour discuter des moyens de faire avancer les réformes indispensables dans le secteur financier.

Le Forum, organisé par la Banque Nationale d'Ukraine (BNU) a fourni une plate-forme pour un dialogue constructif entre les secteurs public et privé sur le modèle de l' "Initiative de Vienne" qui a contribué avec succès à préserver la stabilité financière de l'Europe émergente au cours de la crise économique mondiale.

La réunion de Kiev a réuni des hauts fonctionnaires de la Banque nationale d'Ukraine et du gouvernement, des représentants du secteur bancaire, y compris des banques commerciales avec des actionnaires locaux et étrangers, des représentants du Fonds monétaire international (FMI), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), le Groupe ed la Banque mondiale, la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Commission européenne, ainsi que d'un certain nombre d'autorités du pays d'origine. La BCE a participé en tant qu'observateur.

S'exprimant à l'issue de la conférence, le gouverneur de la Banque nationale d'Ukraine Stepan Kubiv a affirmé que : «En réunissant tous les acteurs concernés autour d'une table, nous avons identifié les principaux défis dans ce secteur ainsi que les solutions possibles pour y remédier. La mosaïque de points de vue des secteurs public et privé a permis d'identifier un chemin coordonné pour faire avancer les réformes ".

Les participants à la conférence ont discuté du progrès des réformes dans le cadre du programme appuyé par le FMI dans le pays, en mettant l'accent sur la restructuration des banques, la recapitalisation et la résolution, la meilleure manière de résoudre le problème pressant des prêts non performants, ainsi que les réformes en matière de supervision bancaire. La mise en œuvre rapide de ces réformes est nécessaire pour aider à relancer le crédit à l'économie réelle à l'avenir.

La possibilité de s'engager dans un dialogue constructif a été saluée par tous les participants, qui ont souligné l'importance de consultations régulières entre les décideurs, les régulateurs, les banques et les institutions financières internationales participantes pour assurer la conception et la mise en œuvre effectives des mesures de réforme.

Les institutions financières internationales ont précisé comment ils pourraient appuyer les réformes du secteur bancaire d'une façon coordonnée, selon leur compétence et leur expertise.

Le "Ukraine Financial Forum" a été la première d'une série prévue de réunions régulières de coordination et de dialogue entre les principales parties prenantes pour trouver des solutions concrètes à des problèmes spécifiques, par exemple à travers un groupe de travail sur les prêts non performants. La prochaine réunion aura lieu à l'automne.

Communiqué de presse

  • Les conséquences concrètes sont relativement importantes. Dès le lendemain de la réunion, la BNU a annoncé l'examen et l'approbation prochains d'une stratégie globale pour le secteur bancaire, mais également la Banque Centrale. L'élaboration de cette stratégie a été permise par "l'aide de conseillers internationaux" qui participeront également à sa "mise en oeuvre effective". Les principaux objectifs en sont de protéger les investisseurs, créanciers et clients du système bancaires, de favoriser la mobilisation des ressources pour l'économie réelle, de stabiliser l'environnement financier et macro-économique, d'adapter les normes européennes, de développer les marchés financiers etc...

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