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L'impact de l'exercice de recapitalisation de l'EBA en 2011-2012 sur l'offre de prêt en zone euro (BdF)

Publié par Kiergaard sur 13 Juin 2014, 14:31pm

Catégories : #Actualité économique et financière

Dans un document de travail de la Banque de France paru aujourd'hui, deux économistes (de la Banque de France et de la Banque Centrale d'Irlande), s'interrogent sur les effets de l'exercice de recapitalisation de l'Autorité Bancaire Européenne (EBA) mené en 2011-2012 sur l'offre de crédit dans la zone euro.

L'impact de l'exercice de recapitalisation de l'EBA en 2011-2012 sur l'offre de prêt en zone euro (BdF)

Contexte

« Sur les recommandations du Fonds monétaire international et du Comité européen du risque systémique, l'ABE a proposé, dans le cadre d'un paquet approuvé au niveau européen, des mesures pour renforcer le niveau de  capitalisation des banques et pour encourager un retour à un climat plus détendu sur le marché du financement. Une recommandation formelle a ensuite été approuvée, exigeant des banques la constitution d'un tampon de fonds propres de manière à atteindre un coefficient de capitalisation de  9% en ce qui concerne les fonds propres de la plus haute qualité (CT1) d'ici juin 2012, après une estimation prudente de l'exposition des banques aux risques souverains des États membres de l'Union européenne » (Rapport annuel 2011 de l'Autorité Bancaire Européenne)


Document de travail

L’exercice de recapitalisation 2011 de l’EBA a t' il causé une contraction du crédit dans la zone euro? (en anglais) - Jean-Stéphane Mésonnier et Allen Monks 

 

Résumé :  
 

« Nous exploitons une nouvelle base de données de bilans bancaires pour la zone euro pour évaluer le comportement de prêt des banques de la zone euro soumises à l’exercice de recapitalisation imposé par l’EBA en 2011-2012. Cet exercice, annoncé en octobre 2011, imposait aux grands groupes bancaires européens d’atteindre un ratio de capital pondéré « core tier 1 » d’au moins 9% avant fin juin 2012 et de constituer un coussin de capital additionnel reflétant les risques associés à la détention de titres souverains européens. En contrôlant de la demande de prêt au niveau du pays de résidence et des caractéristiques de bilan des banques individuelles, nous trouvons qu’une banque appartenant à un groupe contraint d’augmenter son ratio de capital de 1 point de pourcentage a, en moyenne, accru ses prêts de 1,2 à 1,6 points de pourcentage de moins qu’une banque appartenant à un groupe déjà suffisamment capitalisé sur les 9 mois de l’exercice. Nous trouvons également que l’exercice a eu un impact négatif sur l’offre de prêt au niveau agrégé, suggérant que les banques non concernées par l’effort de recapitalisation n’ont pu se substituer aux banques contraintes. Nos résultats sont particulièrement pertinents dans la perspective des décisions à venir du Mécanisme de Supervision Européen à l’issue de sa revue de la qualité des actifs bancaires, attendue pour novembre 2014 ».
Il faut préciser que cette diminution de l'offre de prêt, relativement faible, a été permise par une pression soutenue des régulateurs pour que les banques ne contractent pas leur volume de prêts et par les mesures exceptionnelles prises par la BCE à l'époque.

Je recommande une lecture attentive de la conclusion du document de travail pour certaines nuances et précisions.
 

 

 

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