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Vers un candidat de compromis après les élections européennes ?

Publié par Kiergaard sur 5 Mai 2014, 09:59am

Catégories : #Politique

Vers un candidat de compromis après les élections européennes ?

Le site Euractiv.fr rapporte la position, loin d'être isolée, d'un expert espagnol des questions européennes qui voit les candidats proposés par les groupes politiques au Parlement éconduits au profit d'un candidat après un scrutin serré.

 

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L'expert est en question est José Ignacio Torreblanca, directeur du bureau espagnol du Conseil européen des relations étrangères, est spécialiste des questions politiques européennes. 

"Selon lui, ni le candidat socialiste Martin Schulz, ni le candidat du Parti populaire européen (PPE) Jean-Claude Juncker ne remplacera José Manuel Barroso à la tête de la Commission.

Face à une montée attendue des populistes et des eurosceptiques, seule une grande coalition entre le centre-gauche et le centre-droit pourrait fonctionner au Parlement européen. Or aucun de ces groupes ne devrait accepter de laisser la main au candidat de parti concurrent."

Après avoir souligné qu'aucune coalition spontanée ne fonctionnerait au Parlement Européen (PPE + Libéraux + Conservateurs et Réformateurs ou Socialistes + Verts + Libéraux). Il souligne que  « La coalition la plus probable est celle qui gouverne de facto à l'heure actuelle ». Il fait ainsi référence à l'accord de consensus entre le centre-gauche et le centre-droit qui a abouti à la rotation de personnalités des deux groupes à la présidence du Parlement européen entre 2009 et 2014. On aurait donc un calque de la situation allemande au Parlement Européen. 

"Selon le politologue espagnol, les États membres pourraient chercher à éviter l'éventuelle colère des eurodéputés suscitée par la désignation d'un candidat autre que parmi les têtes de liste des principaux partis. Les États membres pourraient privilégier« des personnalités de première classe » pour les postes de commissaire, dont l'un d'entre eux occupera la présidence.

José Ignacio Torreblanca considère que le prochain président de la Commission sera de la même nature que José Manuel Barroso. Il était en effet l'un des candidats des principaux groupes (PPE) et a reçu le soutien des socialistes espagnols et portugais.

En particulier, si aucun parti ne se démarque clairement à la sortie des élections, le Conseil aura alors le dernier mot, assure-t-il. Et le Parlement devra alors décider s'il veut aller contre l’avis du Conseil ou non."

Ce scénario risque de conduire à plusieurs complications, ou retournement de vestes, au vu des récentes déclarations des différents candidats. Martin Schulz ayant déclaré qu'il ne soutiendrait pas un candidat élu à huis-clos, tandis que Jean-Claude Juncker a affirmé que le futur président de la Commission serait lui-même, ou Martin Schulz.

Au vu des résultats pour les prochaines élections européennes qui s'annoncent très serrés, il sera sans doute difficile d'offrir une légitimité incontestée à l'un ou l'autre des candidats. On se dirige plutôt vers un patchwork savemment dosé des postes à la Commission et à une lutte d'influence pour le poste de la Présidence de la Commission avec divers appétits. Néanmoins, du fait de la crise en Ukraine et du raidissement à la hausse des conservateurs dans les pays de l'est et du centre, on n'est pas à l'abri d'une petite surprise pour Jean-Claude Juncker (c'est le cas le plus probable).   

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