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Ukraine : L'OSCE lutte pour préserver son impartialité

Publié par Kiergaard sur 13 Mai 2014, 09:27am

Catégories : #Géopolitique-International

Ukraine : L'OSCE lutte pour préserver son impartialité

Alors que les actions diplomatiques punitives se suivent, la tâche de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe se complique malgré les efforts de son président, le suisse Didier Burkhalter.

 

En guise d'introduction sur le rôle de l'OSCE durant la crise ukrainienne, je me permets de renvoyer à cet article, publié fin avril, du représentant permanent de la France auprès de l'OSCE, Maxime Lefebvre et publiée par Diploweb

L'OSCE se veut l'enceinte impartiale au sein de laquelle les différents avec la Russie (qui fait partie de l'OSCE) se régleront du mieux possible tout en offrant sa médiation sur le terrain. Cependant, les membres de l'OSCE poursuivent leur propre diplomatie, dans un sens qui contrevient parfois aux souhaits de sa présidence. En témoignent, les déclarations de Didier Burkhalter au Conseil de l'UE, le 12 mai.

  • Le Temps rapporte le premier de ces paradoxes : "Renforcer les sanctions contre la Russie serait contre-productif. Elles ne sont pas une priorité. Il faut surtout éviter de faire quoi que ce soit qui freine Moscou à s’engager dans le processus de dialogue en Ukraine. C’est en substance ce qu’a déclaré Didier Burkhalter, président de la Confédération et président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), à l’issue d’une rencontre avec les ministres européens des Affaires étrangères réunis lundi à Bruxelles. Ironie du sort, ces derniers ont allongé hier la liste de personnes proches du Kremlin frappées par le gel des avoirs et des restrictions de voyages à l’étranger. Désormais, ce sont 61 membres de la nomenklatura russe et deux entreprises russes ayant tiré profit de l’annexion de la Crimée qui sont ciblés par les sanctions européennes. 
    «Notre décision a été prise indépendamment de ce que pense l’OSCE, explique Jean Asselborn, le chef de diplomatie luxembourgeoise. Les sanctions font partie du dispositif de notre action diplomatique.»"
     (...) "Lors de sa rencontre avec les ministres européens qui a duré deux heures, Didier Burkhalter a fait un compte-rendu de sa rencontre la semaine dernière avec le président russe Vladimir Poutine, et a surtout présenté la feuille de route de l’OSCE pouvant contribuer à une désescalade des tensions entre la Russie et l’Ukraine. Il est satisfait que Moscou n’ait rien entrepris depuis mercredi qui pourrait faire douter de sa bonne volonté. «Vladimir Poutine s’était exprimé contre les référendums à l’est de l’Ukraine, a rappelé Didier Burkhalter. A l’issue du scrutin, il n’a pas reconnu la revendication des indépendantistes, mais a simplement demandé de respecter les résultats.» (Ce n'est pas ce qu'on lit dans la presse étonamment). Le président de la Confédération s’est dit convaincu de la volonté des différentes parties, dont Moscou, d’engager un dialogue afin de mettre fin à la crise. Il est catégorique: la Russie est toujours disponible pour aider à trouver une solution." Cette solution doit passer par un dialogue local et national sous l'auspice de médiateurs que l'OSCE est actuellement en train de nommer et qui se manifesterait à travers des tables rondes. "Il n'y a pas que des fascistes à l'ouest et des terroristes à l'est" soutient le ministre luxembourgeois. A ainsi été nommé Wolfgang Ischinger, en tant que médiateur de l'OSCE pour l'Ukraine. Cet homme de réseau, ancien ambassadeur allemand aux États-Unis et président de la conférence pour la sécurité de Munich a participé à plusieurs médiations concernant la Bosnie ou des négociations entre l'OTAN et la Russie. Cette nomination a été appréciée par les dirigeants ukrainiens (Interfax). Le président de l'OSCE souhaite qu'un second négociateur soit nommé par les responsables ukrainiens.
     
  • Cependant, l'action de l'OSCE est entravée par certaines réticences ainsi que le souligne la journaliste de la RTS après le Conseil de l'UE. Le président suisse plaide pour l'impartialité de l'OSCE, rappelant "qu'elle n'est ni l'est, ni l'ouest". Dans un autre reportage de la RTS, le président s'exprime devant la presse. On apprend également que la Pologne (logique) et la Suède (ce bon vieux Carl Bildt) se méfient du rôle de l'OSCE, qui cherche à intégrer l'Ukraine d'autant plus dans les discussions. Dans le reportage, le journaliste analyse le communiqué du Conseil de l'UE sur la question et affirme que le soutien de l'UE est relativement nuancé ("minimum syndical", "on endosse pas la feuille de route" déclare un haut responsable), puisque n'est pas affirmé explicitement le soutien à la feuille de route proposée par Burkhalter. 

Je renvoie au communiqué de l'OSCE pour plus d'infos.

L'OSCE publie régulièrement les comptes rendus de la mission de son équipe qui sillonne l'Ukraine et notamment l'est du pays.

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