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IEA Brexit Prize : Comment le Royaume-Uni peut quitter l'UE de manière rentable

Publié par Kiergaard sur 10 Avril 2014, 09:34am

Catégories : #Politique

L'Institute of Economic Affairs a remis son Brexit (nom donné à la sortie du Royaume-Uni de l'UE) Prize au diplomate britannique, Iain Mansfield, qui a dessiner les contours d'un plan permettant de sortir efficacement de l'UE pour son pays. «Je ne prends pas position quant à une Brexit est souhaitable, mais dans le cas d'une telle décision par le peuple de la Grande-Bretagne, mon document expose un plan d'action qui permettrait de maximiser le potentiel d'un Royaume-Uni ouverte, prospère, engagée à l'échelle mondiale» Sans se prononcer sur l'opportunité de le faire, il est néanmoins indispensable d'y penser. Il est illusoire de penser que son travail ne pourrait s'appliquer qu'au Royaume-Uni.

Couverture de l'étude

Couverture de l'étude

Quelles seraient les conséquences d'une sortie de l'UE pour les britanniques s'ils prenaient soin d'adhérer à l'Espace Européen de Libre-Échange, s'ils se tournaient plus vers les émergents, s'ils pratiquaient une politique économique et fiscale plus agressive en supprimant un bon nombre des réglementations européennes et s'ils rétablissaient la primauté de leur droit ? Des bénéfices si l'on en croit le travail de Mansfield intitulé : "A Blueprint for Britain - Openness not Isolation".

 

Le communiqué de presse synthétise les principaux points du texte.

Voici le résumé de l'étude:

"La sortie de l'UE devrait être utilisée comme une occasion d'embrasser l'ouverture. Le Royaume-Uni devrait poursuivre des accords de libre-échange avec les principales nations commerçantes comme la Chine, les Etats-Unis et la Russie et approfondir son engagement avec des organisations telles que le G8, le G20 et l'OCDE. En Europe, une priorité doit être d'assurer des relations commerciales ouvertes, idéalement par l'appartenance à l'Espace Européen de Libre-Échange, tout en restant en dehors de l'Espace économique européen. Les relations stratégiques bilatérales avec des alliés comme l'Australie, le Canada et la France, ainsi que des puissances émergentes en Asie et en Amérique latine, devraient être cultivées.

À l'échelle nationale, un projet de loi «Quitter l'UE" devrait être porté rapidement sur le devant de la scène pour mettre en œuvre la sécession juridique de l'UE deux ans après l'activation de l'article 50 du traité de Lisbonne. Par ailleurs, un grand projet de loi d'abrogation "Great Repeal Bill" basé sur le Public Bodies Act (2011) devrait être adoptée, entraînant dans les trois ans l'examen et, le cas échéant, l'abrogation de la réglementation d'origine communautaire dans le but de diminuer la charge bureaucratique pesant sur les entreprises, le secteur public et le secteur tertiaire. Administrativement, le gouvernement aura besoin de renforcer ses capacités dans un large éventail de domaines, des négociations commerciales à l'application des règles anti-trust. Les niveaux actuels de financement de l'UE pour les secteurs et aux régions doivent d'abord être maintenues au niveau national, y compris dans l'agriculture, pour éviter les chocs économiques, tandis que le surplus doit être recyclé pour aider à payer le déficit. Des mesures telles que des allégements fiscaux et des incitations favorables à l'offre contribuerait à préserver la position du Royaume-Uni comme la destination numéro un des actifs d'investissement en Europe.

Le résultat pourrait être d'accélérer le déplacement des exportations du Royaume-Uni et le commerce total de l'UE vers les marchés émergents, où la majorité de la croissance dans le monde se trouve. Un régime réglementaire plus favorable à l'entreprise et la sécurisation de la City de Londres face à l'ingérence européenne permettra d'améliorer la compétitivité et de compenser la perte partielle de l'accès aux marchés européens. L'impact total à long terme est estimée entre -2,6% et +1,1% du PIB, avec une meilleure estimation de 0,1%. Bien que les années entourant immédiatement la sortie sont susceptibles de présenter un certain degré d'incertitude du marché, si les bonnes mesures sont prises alors le Royaume-Uni peut être confiant de perspectives économiques à long terme et en santé en dehors de l'UE."

 

Commentaire : L'idée n'est pas ici de se prononcer pour ou contre les pistes proposées ou pour ou contre une sortie de l'UE. Néanmoins, une émulation pour envisager ce scénario est importante, et pas seulement au Royaume-Uni. Si la crise des institutions européennes et la crise économique se poursuit il va devenir urgent de réfléchir à une refonte totale de l'architecture européenne, voire aux moyens de gérer au niveau national une sortie organisée, totale ou partielle, de l'UE (ou de l'euro). L'étude n'est qu'un "plan" valable pour le Royaume-Uni et qui confirmera les propos de nombreux responsables tout en affaiblissant la parole des milieux d'affaires opposées à une sortie. Mais n'oublions pas que l'enjeu n'est pas de se battre pour mesurer les conséquences d'une sortie ou d'une réforme mais d'être créatif pour bâtir ce qui pourra venir.

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