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Syrie : Les marchands de guerre ont broyé le mouvement de 2011

Publié par Kiergaard sur 15 Mars 2014, 12:54pm

Catégories : #Géopolitique-International

Syrie : Les marchands de guerre ont broyé le mouvement de 2011

Ce billet est une synthèse de l'article "Syria ‘war merchants’ crush 2011 revolution" paru aujourd'hui sur l'édition anglophone d'Al-Arabiya et écrit par Mohanad Hage Ali. Il témoigne d'une réalité méconnue mais importante pour saisir la complexité du dossier syrien.  

 

L'auteur souligne la convergence chez les analystes pour souligner que la dynamique du conflit syrien a radicalement changé en 3 ans. Des groupes puissants ont des intérêts à la stagnation du conflit ce qui remet en cause toutes les solutions, que ce soit un changement de régime ou une solution négociée.

"Fondamentalement, les brigades qui contrôlent les frontières, les champs de pétrole, les mafias de l'automobile et de la drogue, tous souhaitent d'un conflit sans fin" d'après un militant de Lattaquié qui était descendu dans la rue en 2011. Ce même militant se dit stupéfait des intérêts commerciaux communs sur le champ de bataille et qui se traduit par une libre circulation totale de marchandises, souvent volées, à travers le pays. Prenant un exemple, il relate le cas d'un leader mafieux connu qui transporte des voitures à travers une zone rebelle en empruntant ensuite les checkpoints du régime. 

Entre les milices pro-régime, les groupes paramilitaires, les comités d'auto-défense, les trafiquants, les "marchands de guerre sont plus nombreux que les combattants" souligne un militant de Daraya dans la banlieue de Damas. Des hommes d'affaires affiliés au régime revendent des débris occasionnés par les destructions, des chefs de brigades sont plus intéressés à continuer la guerre pour continuer à bénéficier des flux de capitaux des puissances régionales etc... 

S'il est difficile d'avoir des données précises sur tous ces trafics, des éléments comme les échanges, ou le rachat, de prisonniers traduisent clairement cet état de fait. Ce sont en effet les puissances régionales qui "scellent les accords" puis leurs mandataires qui les exécutent sur le terrain.

La Russie et l'Iran gèrent les finances du régime syrien, les puissances occidentales et du Golfe celles des rebelles. Les industriels fuient, leurs usines sont vendues (en Turquie notamment). "La Syrie est devenu un pays importateur, créant une nouvelle classe de marchands de guerre, avec des liens étroits avec le régime et les rebelles".

Certains théatres d'opérations militaires ont ainsi perdu de leur intérêts au vu de cet état de fait de la réalité économique et de ces connexions, au nord notamment. Les combats autour d'Idlib sont parfois raillés par la base combattante qui la compare à un interminable feuilleton diffusé en Turquie. 

Les militants sur le terrain pensent que les leaders de l'opposition et les chefs rebelles sont corrompus vivant dans des hôtels 5 étoiles en Turquie où les attendraient des maîtresses selon leurs sources. 

Face à cela, les syriens se sentent impuissants, n'ayant pas leur mot à dire sur la question, gérées par les puissances étrangères. Certains militants appelant même à une seconde révolution contre les marchands de guerre. 

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