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Une évaluation des programmes européens d'ajustement macroéconomique et d'assistance financière

Publié par Kiergaard sur 21 Février 2014, 14:20pm

Catégories : #Actualité économique et financière

Une évaluation des programmes européens d'ajustement macroéconomique et d'assistance financière

Deux études viennent d'être réalisées par les services de la Direction Générale des Politiques Internes de l'Union qui évaluent respectivement les programmes européens d'ajustement macroéconomique et les programmes d'assistance financière de la Troïka. C'est l'Unité d'Assistance à la Gouvernance Économique, en charge de l'expertise pour la DG qui a réalisé ces deux études. Au delà des déclarations publiques des responsables, la position exprimée dans ces études se veut plus "objective". Les études permettent de tirer un bilan de ces programmes tout en synthétisant de manière précise les dernières données pour les 4 états concernés (Grèce, Irlande, Portugal, Chypre)

 

Première étude : "State-of-play in implementing macroeconomic adjustment programmes in the euro area" (État d'avancement dans l'exécution des programmes d'ajustement macroéconomiques dans la zone euro)
 

Seconde étude : "The Troika and financial assistance in the euro area : successes and failures" (La Troika et l'assistance financière dans la zone euro : succès et échecs)

 

[Je recommande de faire attention aux auteurs].

De nombreux tableaux et graphiques présentent les données pertinentes, j'y renvoie. Voici un petit résumé de chacune des deux études :

 

1° "État d'avancement dans l'exécution des programmes d'ajustement macroéconomiques dans la zone euro" :

(Synthèse de l'étude légèrement éditée) Les débats sur l'ajustement macroéconomique ou les programmes de la Troïka dans la zone euro sont dominés par la durée et la profondeur de la récession qui les accompagnent.
Cela est particulièrement vrai pour la Grèce, où le programme initial était bien insuffisant eu égard aux conditions de départ. Que l'ajustement budgétaire rapide requis aurait conduit à une grave récession économique aurait pu être prévu à l'époque. Toutefois, la récession (en l'occurrence on pourrait parler de dépression) a été creusée par autres facteurs imprévus, tels que la restructuration de la dette (la « participation du secteur privé ») et les incertitudes politiques, qui ont fait reculé de manière plus forte l'investissement. Une autre raison de la durée et de la profondeur de la récession est liée aux exportations, elles ont stagné malgré la chute impressionnante des coûts salariaux. Ce doit être [je ne les sens pas très assurés] à cause de l'absence de réformes structurelles efficaces, la résistance à ces réformes était difficile à anticiper et reste difficile à guérir. L'ajustement budgétaire est maintenant presque terminé, mais le pays ne peut pas obtenir une voie pour une croissance durable tant que des réformes structurelles favorisant la croissance des exportations ne sont pas approfondies.
En revanche , les programmes du Portugal et de l'Irlande "fonctionnent" en ce sens que les attentes initiales en termes d'ajustement, à la fois budgétaire et externe, ont été largement remplies. Un rebond basé sur les exportations s'est produit dans ces deux pays. Une reprise complète basée sur les exportations prendra plus de temps étant donné que les compétences nécessaires dans les industries exportatrices sont très différentes de celles nécessaires dans la construction et d'autres secteurs abrités qui avait absorbé la plupart des emplois pendant les années de boom précédant la crise. 

À Chypre, la chute du PIB a été jusqu'à présent moins grave qu'on ne le craignait initialement et le programme se déroule comme prévu .

Dans tous les pays, il est encore trop tôt pour trouver des preuves solides que les programmes ont augmenté le potentiel de croissance à long terme. Les indicateurs de réformes structurelles fondées sur des modifications législatives, comme celles recueillies par l'OCDE, montrent des progrès considérables. Mais les indicateurs de l'enquête qui visent à mesurer le degré d'impact que ces changements législatifs ont eu sur les marchés du travail ou le fonctionnement de l'administration publique montrent une dégradation continue de la Grèce et une légère amélioration ailleurs (mais légère).

Je renvoie spécifiquement vers la section 2 et la section 7 pour des considérations générales et les données les plus globales

 

"La Troika et l'assistance financière dans la zone euro : succès et échecs"

(Résumé légèrement édité) Cette étude fournit une évaluation systématique de l'aide financière pour la Grèce, l'Irlande, le Portugal et Chypre. Les quatre programmes, et en particulier celle de la Grèce, sont d'un montant financier important par rapport aux programmes internationaux précédents tant les déséquilibres macroéconomiques et la perte de compétitivité-price qui se sont accumulés avant les programmes étaient exceptionnels. Pourtant, les programmes ont été fondés sur des hypothèses trop optimistes concernant l'ajustement et la reprise en Grèce et au Portugal. Dans les quatre pays, le chômage a augmenté beaucoup plus significativement que prévu. Bien que les objectifs budgétaires aient été globalement respectés, les ratios dette-PIB ont augmenté de manière supérieure aux prévisions en raison de la forte contraction du PIB. La détérioration du PIB est due à quatre facteurs : les multiplicateurs budgétaires plus importants que prévu, un environnement externe plus pauvre, y compris une discussion ouverte sur la rupture de la zone euro, une sous-estimation de l'enjeu initial et la faiblesse des systèmes administratifs et de l'appropriation politique. L'objectif de la surveillance et de la conditionnalité a évolué d'un assainissement budgétaire à des mesures structurelles favorisant la croissance. Le programme grec est le moins réussi. L'Irlande a terminé avec succès le programme en Décembre 2013, mais des problèmes demeurent dans le système bancaire. La sortie du programme portugais en mai 2014 semble réalisable, mais il devrait être accompagné par une ligne de crédit de précaution. Il est trop tôt pour se prononcer sur le programme chypriote, qui n'a commencé qu'en mai 2013, mais on peut affirmer qu'il y a eu des défaillances majeures collectives des deux institutions nationales et de l'UE dans la perspective du programme."

 

Je renvoie notamment aux annexes sur ce qui a été imposé à la Grèce. La plupart des données permettent de mesurer la dynamique actuelle de ces plans. La lecture doit se faire de manière croisée avec la première étude.

 

 

 

 

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