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Document du jour : Henri Malosse, prédident du CESE au Sénat

Publié par Kiergaard sur 8 Février 2014, 01:20am

La commission des affaires européennes, en commun avec la commission des affaires sociales, a auditionné le 5 février M. Henri Malosse, président du Comité économique et social européen. Son intervention me paraît particulièrement révélatrice des équilibres institutionnelles et des mentalités au plus haut-niveau européen. Il jette un regard lucide sur la question...

Document du jour : Henri Malosse, prédident du CESE au Sénat

L'intervention éditée

En guise d'introduction :
- Le site du CESE
- Sa page (et ses ouvrages notamment).

On lira avec attention les éléments suivants, indispensables pour comprendre le fonctionnement actuel de l'UE.

- Beaucoup de responsables européens, même au plus haut niveau, n'y croient plus. Ils font carrière plus qu'ils ne portent des convictions. L'enthousiasme n'y est plus.
- L'Union européenne traite de nombreux sujets dont elle pourrait se passer [...] Les sujets fondamentaux comme l'emploi, la défense, la sécurité ou l'énergie se font rares.
- Nos concitoyens ne cessent de déplorer un manque d'écoute sur les questions européennes : Bruxelles est dominé par la technocratie, tout est décidé d'en haut, sans compromis et par avance, et les États sont privés de leur souveraineté.
- Nous sommes impliqués dans le processus des « livres blancs » et des « livres verts » : la Commission européenne nous envoie un questionnaire. Je suis très critique sur ces processus de consultation tous azimuts, car nous n'avons aucune garantie pour en vérifier la légitimité.
- La Commission européenne est sensible aux lobbies, le Parlement européen l'est encore davantage.
- Pourquoi les Gouvernements n'écoutent-ils pas les comités économiques et sociaux ? C'est sans doute parce que l'application de leurs décisions poserait un problème politique. On n'utilise pas assez leur travail.
- Depuis une quinzaine d'années, les institutions de l'UE ont tendance à négliger, non seulement le Comité économique et social, mais aussi les acteurs sociaux reconnus, organisations professionnelles, syndicales, consulaires, au profit d'une myriade de lobbyistes. Le Parlement européen a organisé des « agoras citoyennes » : sur 300 personnes, vingt à trente représentent des organisations légitimes, noyés au sein de « la société civile du rond-point Schuman », des gens respectables assurément, mais dont la représentativité se mesure au carnet d'adresses. Cela pose un problème de démocratie.
- Lorsque vous étiez ministre, l'esprit de coopération prévalait sur celui de concurrence, qui l'a emporté aujourd'hui, ce qui m'inquiète beaucoup.

Extraits de l'intervention

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