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"Verbatim" de la conférence de presse de François Hollande (14 janvier 2014)

Publié par Kiergaard sur 14 Janvier 2014, 16:38pm

Catégories : #Politique

Pour éviter les comptes rendus partiels, voici un compte rendu exhaustif (sans atteindre le verbatim exact) de tout ce qui a été dit lors de la conférence du président François Hollande, lors de la conférence de presse du 14 janvier 2014. Quelques coquilles peuvent survenir mais l'intégralité de la structure des développements est présente dans une version NON-ÉDITÉE (une version éditée suivra plus tard). Voici le texte de l'intervention de François Hollande, tel que rapporté en direct.

WOJAZER-POOL/SIPA

WOJAZER-POOL/SIPA

La feuille de route repose sur l'objectif d'une "mise en mouvement de la société française"

Pour réussir nos objectifs, la France doit retrouver de la force économique (crise, longue, profonde, sous-estimée, fuite en-avant avec un creusement des déficits, de la balance commerciale)

Les premiers résultats sont là, mais fragiles, trop fragiles. La bataille n'est pas gagnée

Que faut-il faire ?

Engager une bataille, aller plus vite, aller plus loin, accélérer, approfondir. En 2014, l'enjeu est que la croissance soit la plus vigoureuse possible. Mobilisation de tous, notamment des entreprises sans lesquelles il ne peut y avoir de créations d'emplois dans la durée. Cela justifie le Pacte de responsabilité. Le principe en est simple : Alléger les charges des entreprises, réduire leurs contraintes contre plus d'embauches et davantage de dialogue social.

Pourquoi ?

Il faut produire plus et mieux, il faut agir sur l'offre. L'offre crée la demande. Pour produire plus et mieux plusieurs chantiers sont prioritaires :

Poursuite de l'allègement du coût du travail. D'ici 2017, pour les entreprises et les travailleurs indépendants (fin des cotisations familiales : 30-35 milliards d'euros de charge). La discussion portera donc sur l'avenir du CICE. Ce chantier est la condition pour que les entreprises retrouvent de la marge. "Tout le monde sait" que le taux de marge est le plus bas de son histoire

Donner de la visibilité aux entreprises, fixer un horizon (2017) avec une trajectoire de Prélèvements Obligatoires pour les entreprises (modernisation de la fiscalité sur les sociétés et diminution du nombre des taxes). Cela repose sur deux exigences : investissement et emploi qui se traduira dans la loi de finances pour 2015.

Simplification : Réduire le nombre de normes, réduire les procédures inutiles ou coûteuses, faciliter la prise de décision (comité animé confiée à un parlementaire et à un entrepreneur qui se concentrera sur 10 actes clés de la vie d'une entreprise)

Les contreparties : Définies au niveau national et déclinées par branches professionnelles, objectifs chiffrés d'embauche, insertion des jeunes, emplois des seniors, qualité d'emploi, formation, négociation sur les rémunérations, modernisation du dialogue social
Un "Observatoire des contreparties" sera mis en place et le Parlement sera associé à la démarche.

 

Cette démarche est un "grand compromis social", le plus grand "depuis des décennies". La méthode de négociation est la bonne. Le pacte de responsabilité est une chance que chacun doit saisir, pour la France. Toutes les organisations professionnelles, toutes les familles politiques, tous les territoires sont concernés. Le Pacte est un rassemblement pour l'emploi. Chacun doit prendre ses responsabilités. Aucune élection intermédiaire ne doit nous paralyser. La France doit rebondir pour repartir.

Le calendrier est dense et serré :

21 janvier : adresse aux acteurs économiques pour lancer le pacte et ses chantiers. Partenaires reçus par les ministres.

Lancement des Assises de la Fiscalité fin janvier

"Haut Conseil de la Protection Sociale" donnera un premier rapport fin février

Avril : Second train de mesures de simplification

Les mesures se concluront lors de la grande Conférence Sociale du printemps, un document finalisera les mesures et fixera les contreparties, le gouvernement engagera sa responsabilité. Document cadre sur la période 2015-2017 voté à l'automne en cohérence avec les autres mesures.

 

Volonté de réduire la dépense publique :

Pourquoi ?

C'est le passage obligé pour réduire les déficits publics, car c'est le préalable à toute baisse des impôts, c'est une condition du pacte (pas de transfert de charges des entreprises vers les ménages).

Les pays d'Europe du Nord en sont sortis plus dynamiques et plus solidaires.

La dépense publique a été maîtrisée en 2013. En 2014, 15 milliards d'économie seront réalisées.

Entre 2015 et 2017, 50 milliards de plus d'économie devront être dégagées. C'est 4% de l'ensemble des dépenses collectives (seulement 4%) Faut-il encore le faire ? Nouvelle méthode : Fin des coupes automatiques et indifférenciées. Il faut mener des réformes structurelles, revoir les missions de l'état et les méthodes de redistribution. Un "Conseil Stratégique de la Dépense" sera mis en place et se réunira chaque mois pour évaluer les politiques publiques. Le calendrier de la procédure budgétaire commencera dès aujourd'hui : Dès avril (lettre de cadrage - volumes des économies sur la période 2015-2017), toutes les politiques, dépenses et structures seront concernées. L'État montrera l'exemple mais ne sera pas seul.

L'organisation territoriale devra être revue (importance de la mise en place des métropoles en 2013 qui sont à taille européenne désormais). Seconde étape sera en 2014, en terminer avec les doublons et les confusions.

Nouvelles responsabilités aux régions et un pouvoir réglementaire local d'adaptation pour donner des libertés aux élus, une clarification stricte des compétences sera introduite. Les collectivités seront incitées à se rapprocher. Le nombre des régions peut évoluer. Les départements dans les grandes aires métropolitaines devront redéfinir leur avenir (exemple du Rhône), les élus et concitoyens sont prêts. Il y aura des incitations puissantes pour que ces changements soient introduits.

Quant à la sécurité sociale, "bien commun de ceux qui n'ont pas d'autres bien", il y a des abus (multiplications des prescriptions, consommation des médicaments, absence d'un parcours de soins) à corriger de manière structurelle.

Tout ceci permet de garantir le modèle social et le service public. Tout ceci sera fait pour la jeunesse (100 000 emplois aidés en 2013 + 50 000 en 2014 // contrat de génération // + de jeunes accueillis en service civique // poursuite de la revalorisation des bourses universitaires // lutte contre le décrochage scolaire). Vincent Peillon proposera un plan pour l'éducation prioritaire (stabilité des équipes, incitation à travailler dans les zones sensibles...).

La République est notre héritage et notre avenir. La défense de la République continuera (L'antisémitisme, le racisme, les discriminations seront pourchassés, mais les libertés ne peuvent s'en trouvent en aucune façon diminuées, sauf circonstances exceptionnelles (dignité des personnes // ordre public)

Concernant la dignité et le débat sur la fin de vie : Le Comité Consultatif d'Éthique remettra son rapport. Toute personne majeure atteinte d'une maladie incurable induisant une souffrance insupportable qui ne peut être apaisée doit pouvoir demander dans des conditions strictes un accompagnement pour mettre fin à sa vie dans la dignité.

Au plan international, la France intervient dans le monde pour tenir sa place.

Mali : Les jihadistes ont été repoussés, des élections ont eu lieu, l'État se reconstitue, l'aide au développement peut enfin être mise à disposition. Importance de saluer cette victoire. L'opération va s'achever et un retrait progressif est programmé.

Centrafrique : La France a été appelée par la communauté internationale par une résolution du Conseil de Sécurité pour éviter une catastrophe humanitaire. Le travail doit continuer, le contexte sera désormais différent avec l'arrivée de forces européennes. Une force de maintien de la paix viendra prendre le relais. Des initiatives politiques ont été prises, sans ingérence de la France qui "n'a pas vocation à choisir" les politiques africains".

Avenir de l'Europe : L'avenir de l'Europe c'est l'avenir de la France et inversement. La zone Euro a été stabilisée, aucun pays n'en est sorti. Retour sur les marchés des états en difficulté. L'Union Bancaire permet de prémunir d'une crise bancaire en protégeant le contribuable. Il y a eu des progrès sur le travail des jeunes, les travailleurs détachés...
2014 doit être la relance de l'Europe. Plusieurs initiatives pour l'Europe sont évoquées :

- Initiative pour une convergence économique et sociale entre la France et l'Allemagne.

- Initiative pour une coordination sur la transition énergétique (développement des énergies renouvelables, stockage de l'énergie, filières industrielles communes).

- Initiative pour un couple franco-allemand qui agirait pour l'Europe de la Défense. Il faut montrer une responsabilité commune pour la sécurité et la paix dans le monde. Il faut poser un principe.
En somme, la France et Allemagne vont se coordonner en amont sur les grands projets pour relancer, à terme, l'idée européenne.

Il faut avoir un vrai gouvernement de la zone euro.  Il ne faut pas avoir peur de l'Europe, il faut craindre qu'elle s'affaiblisse et qu'elle disparaisse. Faire l'Europe ce n'est pas défaire la France. Renforcer l'Europe pour protéger la France. "Je ne laisserai pas faire ceux qui veulent en terminer avec l'idée européenne, ceux qui veulent détruire l'acquis communautaire ou qui veulent sortir de l'Euro en mettant la Nation en péril." L'avenir est dans une Europe qui doit être réorientée.

Il y a une nécessité de fixer un cap à 10 ans et plus pour la France . La France doit comprendre qu'elle a un grand destin si elle sait le préparer. Il faut rassembler les forces, mobiliser l'investissement dans tous les domaines (éducation, économie, recherche etc...). Il faut préparer la France dans 10 ans dès maintenant pour qu'elle soit forte dans son économie, harmonieuse dans sa société, exigeante dans son affirmation de son destin républicain et pleine de vitalité avec une jeunesse qui ait toute sa place, un pays attaché aux libertés et notamment à la liberté de presse).

 

Questions-Réponses :

Voeux de la presse : Échange des voeux, appels à la libération des otages. Question relative à la vie privée suite à la publication de l'article de Closer (besoin de clarification).
Réponse : Chacun, dans sa vie personnelle, peut traverses des épreuves, c'est notre cas, ce sont des moments douloureux. Mais j'ai un principe, c'est que les affaires privées se traitent en privée dans une intimité respectueuse de chacun. Ce n'est donc ni le lieu, ni le moment de le faire. Je répondrais à ces questions ultérieurement.

 

Comment ne pas penser à l'économie sociale de marché qui a fait la fortune de l'Allemagne. Aujourd'hui vous êtes plus que jamais le président des entreprises, d'une politique de l'offre. Étes-vous prêt à nous dire que vous êtes social-démocrate ou social-libéral ?

Réponse : "Vous chercher à appeler par des formules ce qu'est une réalité. Nous devons tout faire pour l'emploi et c'est cela ma priorité, ma boussole." Il faut faire en sorte que les entreprises crées de l'emploi. Je suis social-démocrate au sens d'une démarche de compromis social. Je ne suis pas gagné par le libéralisme, c'est tout le contraire, c'est l'état qui prend en main cela. Vouloir la compétitivité de l'offre ne signifie pas renier le dialogue social et mes convictions en matière de redistribution.

S'il suffisait de creuser pour être de gauche de creuser les déficits, mes prédécesseurs seraient d'extrême-gauche.
En fin de mandat, jugement sur le chômage, les comptes publics, la compétitivité, la balance extérieure. "Je fais une politique pour qu'il y ait une redistribution et une réduction des inégalités."

 

Sentiment de lancer un plan de bataille après une période de tatonnement. A-t-on perdu 18 mois ?

Réponse : (Reprise de ce qui a été fait depuis 18 mois) En 18 mois, lancer la tendance de rétablissement des comptes publics. Négociation sur le marché du travail, Pacte de compétitivité, Réformes pour le logement, la consommation, la formation professionnelle. En 18 mois, jamais il n'y avait eu autant de réformes structurelles depuis des années (mais également des réformes d'urgence). Cette accélération est nécessaire car prolonger ce qui existe ne suffirait pas. Fin 2013, la reprise "est là" mais il faut amplifier, approfondir pour saisir une croissance plus forte. Les choses se joueront en 2014. La France prend-t-elle le wagon de queue ou essaye-t-elle d'être une locomotive. "J'ai voulu prendre les devants" plutôt que de slalomer entre les élections.

 

Sérieuse inflexion de politique économique, pensez vous conduire cette politique économique nouvelle avec le même gouvernement jusqu'en 2007 et disposez vous de la majorité pour soutenir cette politique ?

Réponse : Quand on tourne on doit ralentir, donc il est question d'accélérer sur le même chemin. La dépense est maîtrisée mais pour ne pas augmenter les impôts et permettre aux entreprises de bénéficier des réformes en les finançant, il n'y a pas d'autres voies que la réduction de la dépense selon notre nouvelle méthode. Le gouvernement va le faire, dès aujourd'hui. Ai-je une majorité ? Le document qui sortira de la conférence social sera soumis par le gouvernement au Parlement pour que le texte soit approuvé. Il mettra en jeu sa responsabilité. La majorité sera là car elle veut la réussite de notre pays. Les autres familles de pensée républicaines sont devant leurs responsabilités, chacun doit savoir ce qu'il peut faire pour son pays.

 

A 25 ans, on a souvent envie de quitter le pays, pensez vous que c'est une conséquence de votre politique ?

Réponse : Quand on a 25 ans, on veut réussir sa vie. Il y a des situations insupportables. Ceux qui veulent partir n'ont pas forcément rompu avec leur pays, ils sont les "ambassadeurs de notre pays" partout dans le monde. Comment éventuellement les faire revenir, penser aux rémunérations, à la qualité d'accueil, au logement etc. Une réforme de l'intéressement et de l'actionnariat est prévue. La concurrence entre les territoires à l'échelle du monde existe. Un "Conseil de l'Attractivité" sera mis en place pour faire en sorte que les entreprises et les talents viennent s'installer en France.

 

Suites judiciaires de la publication de l'article de Closer, est-ce-que la législation doit être renforcée ?

Réponse : Je ne demande pas de changement de la législation, je suis contre les lois de circonstance ou, pire, de convenance. Mon indignation est totale, parce que cette violation touche une liberté fondamentale qui peut tous nous concerner.

 

Suppression du statut de la première Dame ?

Réponse : Il n'y a pas de statut, il n'y en a jamais eu. Il y a une pratique qui varie selon les périodes et les personnalités. C'est un usage. Ce qui essentiel c'est la transparence. Que les moyens alloués au conjoint soient connus, publiés et les moins élevés possibles.

 

Votre côte de popularité est faible, est-ce handicap pour les réformes ? Reconnaissez vous des erreurs (et parmi lesquelles l'inversion de la courbe du chômage avant la fin de l'année 2013) ?

Réponse : Ce que je dois faire c'est de permettre à mon pays d'être plus fort à la fin de mon mandat. La popularité et l'impopularité dépendent de ce qui en est fait. L'important reste le cap sur l'emploi. Réduire le chômage dépend des créations d'emplois dans les entreprises. Les français l'ont compris si on en croit leur réception de l'idée du Pacte dans les sondages. Est-ce-que je me résouds à cette situation ? La situation de crise implique que les citoyens s'en prennent à la tête de l'État.

 

Votre sécurité du président a-t-elle été mise en jeu ?

Réponse : Ma sécurité est toujours assurée : "partout je suis protégé"

 

Avec ce Pacte, marchez vous plutôt sur les pattes de Tony Blair ou plutôt de Lionel Jospin ?

Réponse : Je marche dans les miennes, nous ne sommes dans la même époque, ni dans le même pays dans le cas de Blair. Il faut du compromis, je fais ce que je crois être bon pour le pays. Nos structures sont différentes et cela nécessite un modèle propre. Comment voulez-vous m'appeler ? Social, réformiste, réaliste, mais surtout patriote. C'est de l'avenir de la France qu'il s'agit et j'ai confiance dans le pays et dans ses composantes. Il peut y avoir une cristallisation, une mise en mouvement qui sera déterminante.

 

Il y a des mots qui rassurent et des mots qui inquiètent : Une partie des français voudraient savoir, pourquoi ne dites-vous pas : "je suis social-démocrate" ?

Réponse : Ceux qui n'ont pas compris ?

 

Qu'est ce que l'affaire Dieudonné révèle de l'État de la France et qu'est ce qui est le plus dangereux (la fédération d'une France Black-Blanc-Beur autour d'idée d'antisémite, ou les liens de Dieudonné avec le FN) ?

Réponse : Le Conseil d'État a dit le droit (en substance). Une victoire a été obtenue, si on ne parlait pas de cela, ne rien faire serait reproché. Bien sur qu'il y a des liens avec d'autres mouvements, les antisémites constituent un réseau. Concernant le Front National et l'extrême droite, il devrait dénoncer le caractère antisémite de ce spectacle. Il y a un travail à faire sur internet. Une intransigeance sans distinction de races ou de religion doit être mise en place. Il n'y a pas de complot dans la République.

 

Précisions sur l'articulation du CICE et de la suppression des cotisations familiales.

Réponse : Le chantier c'est la baisse des charges sociales. On peut se demander (pourquoi les entreprises paieraient la politique familiale qui bénéficient à tous les français). L'idée qu'on peut en terminer avec les cotisations familiales mérite d'être débattue. L'avenir du CICE : Après 4% et 6% d'allègement du coût du travail, question de l'avenir à partir de 2016 (baisse des cotisations seule ou maintien du CICE et un allègement ?)

 

Il est difficile pour les PME de s'insérer dans les grandes négociations, comment voyez-vous les choses sur les PME ?

Réponse : Le CICE c'est simple, automatique et cela ne nécessite pas de formalités. On peut faire davantage en simplifiant "beaucoup" à travers de nouvelles formules pour les artisans notamment. La facilitation des obligations comptables sera faite. Et l'UPA et la CGPME seront parties prenantes du Pacte de Responsabilité. La réforme fiscale sera faite aussi. Les PME sont frappées à taux plein pour leurs impôts, le crédit recherche sera donc élargi aux PME. Les grandes entreprises sont à taille mondiale sur le marché mondial, nous en avons besoin, nous allons les soutenir, mais en même temps c'est vers les PME et les TPE qui nous allons orienter nos efforts.

 

Précisions sur les réformes budgétaires, question de la réforme des services publics, cette politique n'aura-t-elle pas des effets récessifs ?

Réponse : 15 milliards d'économie en 2014, 50 milliards en plus entre 2015 et 2017 (moins d'impôts à prélever et moins de déficits à constater). Cette méthode évitera les coupes aveugles sans réflexion générale politique publique par politique publique. Les collectivités locales et les organismes sociaux seront également concernés. L'impact sur l'économie dépendra de ce qui est fait des économies ("si on baisse les charges et les impôts c'est bien pour l'économie, si on fait moins de dépenses de fonctionnement et plus de dépenses d'investissement c'est bon pour l'économie") "Redéfinition complète de notre organisation et de nos missions.". Si tout le monde s'y met sur le pacte, on investira plus, on embauchera plus, on consommera plus, nous aurons donc plus de recettes, qui nous permettront d'investir et d'économiser de l'avantage (est ce que l'investissement repart et est-ce que la confiance revient ?). Nous n'augmenterons pas les charges des ménages pour diminuer les charges des entreprises.

 

Impact des municipales et des européennes ?

Réponse : Elles sont souvent difficiles pour le pouvoir en place, mais pas toujours. L'enjeu local est très important. Il faut avoir une dynamique, comprendre la où nous allons. Il est nécessaire d'éclairer la donne sur l'organisation des territoires de la France. Il y a des évolutions à faire, des débats à avoir sur la simplification et l'intégration des structures. Les dotations aux collectivités devront être modulées selon les efforts entrepris.

Concernant les européennes, ce scrutin est le plus dangereux pour l'Europe si nous ne faisons rien. Le courant populiste n'est qu'une formule, ce sont des courants extrémistes. En France, il faut que le combat contre les extrémismes soient menés. L'élection ne doit pas être un exutoire des rancoeurs contre l'Europe. 2014, 100ème anniversaire de la 1ère guerre mondiale, 70ème anniversaire de la libération, est une année clé. "Que pouvons-nous faire ensemble ?" plutôt que de nous isoler ?

 

La popularité est aussi un atout pour mener des politiques ? Des évènements se sont-ils produits qui vous ont montré que vous devriez reprendre contact avec le pays ?

Réponse : Concernant le "flou" ("ma constance depuis mes premiers engagements, devant la cohérence de mon action par rapport à des choix économiques et sociaux, par rapport à ce que j'ai dit dans la campagne présidentielle"). Ai-je hésité sur certaines réformes (mariage pour tous etc...) ? Faisons en sorte de prendre les bonnes décisions. Aujourd'hui, je prends un risque, mon électorat peut comprendre, et pas que mon électorat, tous les français peuvent comprendre. Cela ne peut marcher que si le patronat s'engage dans toute sa diversité et si les partenaires sociaux nous accompagnent. Ce qui m'importe, c'est si j'ai fait avancé le pays, mon pays, notre pays, dans la situation d'être plus fort.

 

La Ligue des Droits de l'Homme nous apprend que 2 fois plus de Roms ont été expulsés en 2013, est-ce une "politique de rejet de la part de la France" ?

Réponse : C'est une question difficile, il y a une certaine population qui cherche un abri en venant en France. Il n'y a pas d'autres règles que l'application de la loi. Il faut concilier le principe d'accueil et le respect du droit. Il faut traiter cela au niveau européen. Nous n'avons pas à rougir de ce que nous avons fait car nous l'avons fait dans le respect du droit. Avant nous faisions du chiffre, nous respectons scrupuleusement le droit.

 

Vous allez être reçu par le pape François ? Quel est le sens de cette visite ?

Réponse : Je souhaitais me rendre au Vatican en temps que chef de l'État. Il peut être utile sur plusieurs sujets, le pape, grande autorité morale peut, notamment sur le dossier syrien être précieux pour convaincre qu'il y a une recherche d'une solution politique dans la perspective de la conférence de Genève II, il faut avoir la pression suffisante pour une solution de paix. Il peut être utile dans le dossier israélo palestinien. Je m'entretiendrai également sur la question des chrétiens d'Orient. Il y a une question qui m'engage plus particulièrement, nous allons organiser la conférence sur le climat, et Nicolas Hulot (qui est notre ambassadeur) a souhaité que les autorités spirituelles puissent, elles-aussi, appeler à des avancées dans la question et dans la préparation de la négociation.

 

Position par rapport à l'Europe, incompréhension sur des propos du chef de l'état  :

Réponse : Certains dans des pays européens veulent revenir sur des acquis communautaires.

 

Vous parlez d'abus, de réduction de dépenses. Les français peuvent-t-ils encore se demander ce qui vous différencie de votre prédécesseur ?

Réponse : La dépense publique n'a pas été réduite sous mon prédécesseur. Y a-t-il eu un progrès social majeur pour arriver à des objectifs de réduction des dépenses entre 2007 et 2012. Augmenter la dépense publique n'est pas bonne en elle-même. Pas d'atteinte au modèle social au nom d'impératifs budgétaires. Entre la gauche et la droite, l'important c'est la structure de la dépense, pas le niveau. Je porte comme volonté que nous puissions avoir plus de croissance et plus d'emploi. Si je ne mets pas un certains nombre de propositions sur la table, qu'est ce qui va me permettre de penser que l'investissement et l'emploi repartira. Je dois mettre un esprit de réussite dans le pays. Quelque chose nous distingue de tous les autres pays européens : c'est le peu de confiance que nous avons en nous-même, c'est le pessimisme qui nous étreint, c'est le doute, la crainte du déclassement. "Les Français, nous sommes très orgeuilleux et à la fois nous nous dénigrons nous-même". Il nous faut remettre de la confiance, qu'on se dise qu'on est un grand pays, avoir confiance dans nos qualités...

 

Question de la différence avec le discours du Bourget et le fait que la gauche paraisse moins à gauche au pouvoir.

Réponse : Le Pacte ne profite pas à la finance, la fiscalité des plus hauts-revenus a évolué, la Banque Publique d'Investissement est la, l'Union Bancaire est sur les rails, essayer d'orienter le crédit bancaire vers les PME.

 

Qui soutient-il pour la Commission Européenne ?

Réponse : Cela dépendra du résultat des élections, le Parlement européen votera pour le président et pour la composition de la Commission. Les socialistes français soutiennent Martin Schulz. Personnellement il tiendra compte du résultat.

 

Est-ce qu'un président peut encore avoir une vie privée ?

Réponse : Pas de réponse.

 

Objectifs chiffrés sur la réduction de la fiscalité sur les entreprises et les ménages ?

Réponse : Cela fera parti de la négociation, l'objectif est d'avoir une trajectoire de baisse des impôts à la fin du quinquennat pour les entreprises et des ménages ainsi que de supprimer l'équivalent des cotisations familiales.

 

Le patronat avait-il raison avant la gauche sur la question des entreprises et du Pacte au niveau de la nature et des estimations du pacte ?

Réponse : Certaines pistes ont été retenues avec des conditions et des contreparties qui seront discutées. L'important est de se retrouver sur la démarche.

 

Point sur la situation en Centrafrique, plus généralement l'action diplomatique et militaire ne conduit-elle pas à poser la question d'une mise sous tutelle (+ point sur la délinquance en Outre-Mer)

Réponse : Sur la RCA, la France n'interfère pas dans le choix des politiques centrafricains. La France veille à ce qu'il puisse y avoir l'arrêt des exactions, des violences et des affrontements inter-religieux. Il faut que cela soit compris comme une réconciliation. Je veux en terminer avec la politique ou on défaisait et on faisait la politique des pays africains.

En Outre-Mer, des réponses fortes seront apportées et des moyens supplémentaires allouées. La délinquance est à un niveau trop élevé.

 

Dans quelle mesure l'image du chef d'État français compte dans l'exercice de vos fonctions ?

Réponse : Certaine conception de la vie privée et certaine conception de la presse en France.

 

Le gouvernement investirait dans une entreprise industrielle française (Peugeot), est-ce compatible avec les autres mesures adoptées ?

Réponse : Les décisions ne sont pas prises au sein du Conseil d'Administration de Peugeot. Si une intervention devait se faire ce n'est pas sur des fonds budgétaires mais sur des réserves liées à des produits de cessions ou de participations. C'est également une conception économique, progressiste, que nous avons. Une politique progressiste c'est de faire le choix de décider de 34 plans industriels, d'augmenter le crédit impôt recherche innovation de favoriser l'investissement le plus productif, de créer une banque publique d'investissement, d'apporter un soutien public pour éviter des liquidations, pouvoir soutenir une grande entreprise en participant à son capital, avoir des politiques d'emploi qui ne se contentent pas de recourir au marché. Sur Peugeot, "si nous sommes sollicités, nous agirons".

 

Année importante à l'international, est ce que la détermination solitaire ou la solitude ne pourrait-il pas être un handicap ? Que va-t-il dire à Barack Obama ou à Angela Merkel ?

Réponse : Nous n'avons pas agi seul, nous avons agi avec les africains et le soutien de l'Europe arrive. Et si nous sommes les premiers c'est que nous disposions de forces sur le terrain et dans les pays frontaliers. Personne ne serait intervenu sans cette présence. Des forces extérieures d'opérations communes européennes sont souhaitables, idem pour l'organisation d'une force africaine pour faire face à de tels enjeux. La France a encore les moyens de porter un certain nombre de messages et de les traduire. Sur un autre sujet, s'il s'était trouvé que, pour la Syrie, il aurait été possible d'effectuer des frappes, "nous aurions pu le faire, nous avons cette capacité". Les soldats ont besoin d'une économie capable de créer une dynamique nécessaire pour que la France reste une grande puissance dans le monde et en Europe. Nous devons nous "reclasser" sur le plan économique.

 

Question de l'assurance chômage et de l'indemnisation du chômage (ce niveau d'indemnisation est-il un frein au retour à l'emploi), partagez vous la crainte d'un afflux massif de travailleurs roumains et bulgares ?

Réponse : Les partenaires sociaux ont à se prononcer sur la question, ce n'est pas dans une période de chômage élevé qu'il faut réduire les indemnisations en revanche il faut agir sur la qualification et la formation, les incitations à la reprise d'emploi. Il y aura une remise à plat du RSA et de la prime à l'emploi pour inciter à la reprise d'emploi. Il faut préserver les droits des chômeurs tout en formant, qualifiant et accompagnant.

Concernant la Roumanie et la Bulgarie, ce sont les prédécesseurs qui ont pris la décision. Il n'y aura néanmoins pas d'afflux massif. Les assouplissements avaient déjà été apportés sur le plan des règles du travail sans grand changement. Nous faisons en sorte de limiter cette circulation. Nous devons éviter de tenir des discours contradictoires (laisser l'Europe s'élargir et constater que cela peut avoir des conséquences). "Je n'ai pas signé les accords d'élargissement et les règles de Schengen n'ont pas changé". Mais je ne participe pas des politiques de la peur.

 

Augmentation des foyers qui sont au RSA, et réduction des cotisations (opportunité d'une politique du choc)

Réponse : La réduction des cotisations familiales n'aura pas d'incidence sur les prestations familiales. Il faut donc faire des économies pour y parvenir. Ce qui sera fait sera sans conséquence sur les droits sociaux.

 

Quel est l'état des relations de la France avec les pays du Maghreb et du Printemps Arabe ?

Réponse : Situation catastrophique en Syrie, au Liban, en Jordanie. La conférence de Genève 2 se fera sur le principe d'une transition politique. Concernant la Libye, nous faisons en sorte d'obtenir une meilleure sécurité. Sur la Tunisie, l'adoption de la Constitution et l'élection d'un gouvernement vont bientôt se faire. Nous espérons que le Printemps Arabe se traduira enfin pleinement en Tunisie.

 

 

 

 

 

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