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FMI : Le Congrès américain refuse de financer la réforme de la gouvernance, colère des émergents

Publié par Kiergaard sur 15 Janvier 2014, 12:51pm

Catégories : #Actualité économique et financière

Devant le blocage de la réforme de la gouvernance du FMI les émergents n'ont pas tardé à réagir. C'est un camouflet pour le FMI qui va devoir composer avec le colère des émergents et qui apparaîtra comme incapable de se réformer. C'est une "erreur" diplomatique pour les États-Unis qui seront identifiés (indépendamment des circonstances du refus comme responsable du blocage)

FMI : Le Congrès américain refuse de financer la réforme de la gouvernance, colère des émergents

La directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde s'est dite "déçue" mardi que la loi de Finances américaine votée dans la nuit ne prévoie pas le financement nécessaire à la réforme de la gouvernance de son institution.
[...] N'y figure pas la mise à disposition des fonds qui aurait permis aux États-Unis de ratifier la réforme des quotes-parts (la répartition du capital) du FMI et, par conséquence, de sa gouvernance, adoptée en 2010.
"Je suis déçue que les mesures nécessaires n'aient pu être prises pour mettre en œuvre cette réforme importante de la gouvernance" de l'institution de Washington, a déclaré Mme Lagarde dans un communiqué.
"Le monde change et nous sommes totalement déterminés à aider nos membres à finaliser ce qui avait été convenu en 2010 pour garantir que le Fonds évolue au rythme des changements mondiaux et puisse faire face à de nouveaux défis", a souligné la patronne du fonds.
Mme Lagarde a juste relevé que le gouvernement américain continuait à œuvrer pour obtenir du Congrès les autorisations nécessaires. "Et nous avons espoir que cela arrive", a-t-elle dit.
Sous l'impulsion de son directeur général de l'époque, Dominique Strauss-Kahn, le FMI avait adopté en 2010 une réforme présentée comme la plus ambitieuse depuis sa création dans l'immédiate après-Guerre.
Cet accord prévoyait un doublement du capital du fonds (les quotes-parts) et une redistribution de l'actionnariat au profit des pays émergents, alors que l'institution est contrôlée depuis ses origines par les Etats-Unis et l'Europe.
Le FMI s'était à l'époque fixé pour objectif d'achever cette réforme pour l'automne 2012.

AFP via le Parisien

Cette décision a conduit à des réactions (officielles ou officieuses) d'autres états. La Chine (officiellement), l'Inde et la Corée du Sud (officieusement) ont exprimé leur déception et continueront à mettre la pression pour une réforme de la gouvernance du FMI.

Les États-Unis vont tâcher de lever les obstacles au Congrès, mais les républicains voient pour le moment cela comme une dépense superflue dans le contexte budgétaire actuel.

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