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Le Portugal demanderait des prêts à taux bas contre des réformes structurelles à la fin de son plan d'aide (ministre)

Publié par Kiergaard sur 17 Décembre 2013, 15:32pm

Catégories : #Actualité économique et financière

Alors que les "arrangements contractuels" vont être discutés cette semaine au Sommet de l'UE, le ministre portugais aux affaires européennes a déclaré qu'ils seraient la panacée pour que le gouvernement portugais continue rapidement ses réformes structurelles à la fin de son plan d'aide.

 

Introduction et contexte

 

Après avoir négocié un plan d'aide avec la Troïka pour obtenir des fonds contre des réformes structurelles, le gouvernement portugais serait sur la voie de négocier un schéma avec les organes pertinents de l'UE permettant des prêts à bas coût contre des réformes structurelles ... C'est ce qu'a déclaré le ministre portugais aux affaires européennes à Reuters. C'est pour lui la meilleure manière de réaliser rapidement les réformes à un coût plus faible que l'incertitude d'un refinancement par les marchés internationaux à la sortie de son plan d'aide.

Au final, on aurait le Portugal qui réclamerait des prêts à bas coûts histoire de minorer l'impact budgétaire de ses réformes structurelles histoire d'être dans les clous. Et la Commission Européenne qui féliciterait le Portugal pour des résultats budgétaires (quid des indicateurs économiques permettant d'apprécier que la conditionnalité est remplie).

 

Ce système sera en discussion au niveau européen cette semaine mais à titre personnel je pense qu'il est fortement criticable à tous les points de vue :
- On pourrait très bien dire que cela fausse les mécanismes du marché.
- On pourrait considérer que c'est une subvention à la réforme structurelle bruxelloise
- On pourrait considérer que c'est un chantage déguisé
- Cela crée un aléa moral dans la mesure où il y aurait un intérêt à ce que certains états se retrouvent suffisamment sous pression pour se trouver contraint d'en venir la.
- Tout ceci pour atteindre des objectifs budgétaires qui n'ont à voir ni avec la production réelle, ni avec le bien-être etc...

Diplomatiquement il faudra faire attention aux détails, certains pays estiment que l'accent est énormément mis sur les obligations.
De plus le champ politique que les obligations peuvent couvrir est énorme : "performance of labour and product markets, the efficiency of the public sector, as well as research and innovation, education and vocational training, employment and social inclusion” (selon le projet de conclusions consulté par Euractiv)  alors que les compensations sont vaguement définies et sont évoquées comme une "option" dont le financement est encore sujet à caution.



 

 

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