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Le Front Islamique rejette les pourparlers avec les USA

Publié par Kiergaard sur 20 Décembre 2013, 00:25am

Catégories : #Géopolitique-International

Dans une interview à la chaîne al-Arabiya, l'ambassadeur américain en Syrie Robert Ford a déclaré que le Front Islamique avait refusé de rencontrer les représentants américains.

 

Les américains avaient émis le souhait de rencontrer les représentants du Front Islamique, puissance grandissante en Syrie. Le représentant de ces derniers a décliné l'offre sans justification selon l'ambassadeur. On n'en sait pas plus sur la manière dont le Front Islamique envisage la future conférence de Genève, ni même s'ils y enverront des représentants. Tout ce que l'on sait c'est qu'ils souhaitent l'instauration de la loi islamique en Syrie, qu'ils attirent à eux de nombreux éléments de l'Armée Syrienne Libre qui semble perdre énormément d'influence dans le nord et le nord-est de la Syrie.

 

Pour le moment, les États-Unis vont à Genève avec leurs plans (négociés actuellement avec la Russie comme nous le révélions il y a deux jours) et une partie minoritaire de l'opposition combattante au gouvernement actuel de la Syrie. 2/3 des forces combattantes ne seront pas représentées à Genève II et ces éléments n'auront aucune raison d'être tenus par les engagements qui y seront pris.

À titre personnel et à la lecture des dernières informations, j'accorde du crédit à l'hypothèse d'un gouvernement de transition qui ferait une place à l'opposition sunnite modérée, tandis que l'armée resterait aux mains des alaouites (ainsi qu'évoqué). Je pense néanmoins que les occidentaux feront tout pour obtenir la résignation d'Assad, qui résistera, invoquant le peuple syrien et se drapant derrière les 2 années où l'armée syrienne s'est trouvée confrontée aux jihadistes. Je pense néanmoins qu'un engagement de retrait sera pris (non sans contreparties). Si on peut être modérément optimiste sur la possibilité de combattre les éléments extrémistes si un cessez-le-feu est conclu entre les parties (gouvernement et opposition), on peut être sceptique sur la capacité d'une "coalition d'union nationale" à rétablir la souveraineté et l'unité de la Syrie. Les divisions internes seront trop fortes, les crises politiques se succèderaient, la reconquête des portions de territoire aux mains des jihadistes sera très complexe...

 

Concernant le Front Islamique, on ignore totalement sa position sur la future conférence, mais il jouera nécessairement un rôle important (d'un côté ou de l'autre...). Concernant les américains, certains évoquent des errements de l'administration dans la préparation de la conférence. Je ne sais pas si on pouvait attendre mieux d'un état dont la majorité responsables du contre-terrorisme ne connaissait pas la différence entre les chiites et les sunnites avant le 11 septembre (source). Concernant la Russie, elle risque de commettre des erreurs dans la négociation en cherchant à préserver un statut quo jusqu'à Genève (on le voit avec sa demande à Assad de rester prudent dans ses déclarations (ce qui n'a pas été entendu) et dans sa volonté de continuer à bloquer une résolution du Conseil de Sécurité qui pourrait être utilisée comme un argument de poids dans la négociation à Genève.

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