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Standard & Poor's dégrade d'un cran la note de la France (synthèse)

Publié par Kiergaard sur 8 Novembre 2013, 10:26am

Catégories : #Actualité économique et financière

Standard & Poor's dégrade d'un cran la note de la France (synthèse)
  • Édit : Voici le communiqué de S&P en français.
  • On va avoir droit aux postures caricaturales classiques qui vont conforter tout le monde dans ses opinions ... En cette période de discussion du budget cela va faire assez mal.

Le Monde

"L'agence de notation financière Standard & Poor's (S&P) a abaissé vendredi d'un cran la note de la France, la passant de AA+ à AA.

Cette annonce a eu pour effet de faire monter le taux d'emprunt à 10 ans de la France à l'ouverture du marché obligataire en zone euro : peu après 8 heures, ce taux s'inscrivait à 2,389 % contre 2,158 % la veille à la clôture du marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise. [...]" [Édit : il est revenu à des taux plus bas à présent, les flux de liquidités doivent bien se placer quelque part]

Évidemment on a tout de suite eu droit au communiqué (déjà prêt dans le tiroir sans doute) de Pierre Moscovici.

Analyse :

  • En cette période d'adoption du budget on peut considérer que le timing est "mal choisi" ou "bien choisi" selon le point de vue ou on se place.
  • S&P a probablement été influencé par les récentes prévisions économiques de la Commission Européenne.
  • Les tenants de la ligne du ras-le-bol fiscal (indépendamment de mes propres réserves sur l'opportunisme de certains) vont se voir conforter.
  • Les tensions entre les différentes postures vont être exacerbées. Je suppose qu'on aura droit à quelques commentaires sur les précédentes dégradations, sur le rôle des agences de notations etc...
  • La hausse des taux d'intérêts induite par cette dégradation est délicate à mesurer (au delà du court-termisme), les marchés ne semblant pas devoir réagir fortement...


Communiqué de Standards & Poor's

* We believe the French government's reforms to taxation, as well as to product, services, and labor markets, will not substantially raise France's medium-term growth prospects, and that ongoing high unemployment is weakening support for further significant fiscal and structural policy measures.
* Furthermore, we believe lower economic growth is constraining the government's ability to consolidate public finances.
* We are therefore lowering our long-term foreign and local currency sovereign credit ratings on France to 'AA'.
* The outlook is stable, reflecting our view that the probability that we will raise or lower the rating on France over the next two years is less than one-in-three."

  • Les agences de notation ont leurs propres méthodes et elles ne sont pas tellement tendres avec les gouvernements successifs : "we see France's fiscal flexibility as constrained by successive governments' moves to increase already-high tax levels, and what we see as the government's inability to significantly reduce total government spending".
  • L'agence a du réagir aux prévisions de la Commission Européenne qui (bien qu'étant faites à politiques inchangées) prévoyaient un maintien du chômage au dessus de 11% jusqu'en 2015 : "In our opinion, the economic policies the government has implemented since we affirmed the ratings on France on Nov. 23, 2012 have not significantly reduced the risk that unemployment will remain above 10% until 2016". Tout ceci étant amplifié par l'impopularité du gouvernement qui ne dispose pas d'un soutien pour ses réformes.
  • Cette faiblesse risque de contraindre la France à une croissance tout juste supérieure à 1% en 2014-2015 (en gardant en tête le rôle des composantes de la croissance) [Cf : Tableau synthétique ci-dessous réalisé par Standards and Poor's] : "Les mesures que le gouvernement a prises jusqu'à présent - comme l'introduction de crédits d'impôt sur les sociétés, tout comme les efforts pour parvenir à un accord sur les réformes du marché du travail et les réformes microéconomiques dans des secteurs spécifiques, sont positives, à notre avis, mais probablement insuffisante pour débloquer de manière significative le potentiel de croissance économique de la France" [Approche anglo-saxonne classique FMI + Commission Européenne] "In particular, we think private-sector growth is unlikely to improve substantially without further structural reforms" (évidemment tout dépend sur quels composantes de la croissance on désire jouer, mais il est vrai que cela se tient dans le contexte actuel)
  • Standards and Poor's prévoit que les parts de marché des exportateurs français vont continuer à baisser. "French exporters appear to continue to be losing market share to those European competitors whose governments have more effectively loosened the structural rigidities in their economies."
  • La marge de manoeuvre se réduit (et va se réduire d'autant plus...) : "At the same time, political room for additional revenue measures has lessened, in our opinion. Rising popular disapproval of incremental taxation has led to recent policy reversals. Combined with our view that the government has limited room to meaningfully lower spending over the 2013-2016 forecast horizon, we believe that France's revenue and expenditure flexibility has diminished."
  • Le propos de S&P est synthétisé ainsi suivi d'un tableau récapitulatif :

The 'AA' ratings on France reflect our view of the French economy's underlying strengths, including its high absolute levels of wealth and productivity, its high diversification and resilience, supportive demographic dynamics, and financial sector stability. It also has what we consider to be high private-sector savings rates and incomes, reflecting a skilled and well-educated workforce, political stability, and the euro's reserve currency status. France also benefits from significant monetary flexibility as a core member of the eurozone. This has been evident in favorable external financing conditions for the sovereign and what we view as an effective transmission of appropriately low real interest rates on loans to the nonfinancial sector. At the same time, we consider that the currently historically low long-term government bond yields have temporarily reduced pressure on France's general government deficit.

The rating is constrained by the French government's elevated spending and tax levels, its high and still rising general government debt burden, and constraints on economic competitiveness. All these factors weaken France's growth prospects, in our opinion.

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