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Observations sur le sondage Ifop pour le JDD : confiance dans les partis politiques

Publié par Kiergaard sur 17 Novembre 2013, 13:48pm

Catégories : #Politique

Je n'aime pas commenter les sondages habituellement, mais avec les réserves d'usage celui-ci est assez révélateur.

Voici la synthèse qu'on peut tirer :
- Hollande ne dispose plus que d'une infime marge de soutien.
- "A la question "d'après-vous, est-ce que l'UMP ferait mieux, moins bien ou ni mieux, ni moins bien que François Hollande et le gouvernement si elle était au pouvoir ?", 42 % des sondés sympathisants de droite pensent qu'elle ne ferait "ni mieux, ni moins bien" (35% des sympathisants UMP). 74% des sympathisants du Modem pensent la même chose.
19% des personnes interrogées pensent que l'UMP ferait "moins bien". Toutefois, 25% des personnes interrogées pensent qu'elle ferait "mieux" (47% des sympathisants de droite, 60% des sympathisants UMP)
." Au final 55% estiment que ce ne serait "ni mieux, ni moins bien"

"- Alors que la même question est posée sur le FN, 19% des sondés pensent que le Front national ferait "mieux" (17% des sympathisants UMP, 79% des sympathisants FN). Ils sont 42% à penser que le FN ferait "moins bien" et 37% "ni mieux, ni moins bien"." (AFP)
 

  • À titre personnel, cela renvoie à la question fondamentale de la légitimité du politique, mais également à la capacité pour le futur qu'un parti politique puisse susciter une mobilisation pour un avenir "meilleur" commun.
    - Aucun des partis politiques "d'opposition" ou "contestataire" (selon l'analyse qu'on en fait) ne peut se targuer d'un soutien fort dans l'opinion pour "faire mieux" qu'une situation analysée et vendue comme "mauvaise".
    - Plus inquiétant, même au sein de la base du principal parti de gouvernement d'opposition, 1 sympathisant sur 3 ne croit pas que son parti puisse faire mieux que ce que ses leaders présentent comme le président le plus nul de la cinquième. Ce soutien est plus fort au sein du Front-National sans atteindre un plébiscite.
    - Dans ces conditions qui peut prétendre mobiliser les français ?
    - Le JDD en cherchant à discréditer le FN fait évidemment la confusion entre les catégories "ni mieux, ni moins bien" et "moins bien" : "Testé par l'Ifop, le Front national apparaît encore moins crédible que l'UMP : 79% des Français répondent que Marine Le Pen ferait "moins bien" ou pareil que François Hollande" (JDD). C'est une déformation du sondage dont la formulation exacte est la formulation de l'AFP qui permet de faire la comparaison avec l'UMP. Dans ce cas, on pourrait voir qu'il y a presque la même portion de l'échantillon qui pense que l'UMP et le FN feraient mieux (+6 pour l'UMP). La seule différence se fait au niveau du moins bien (+ 23 pour le FN) et du "pareil" (+ 18 pour le FN).
    - La conclusion logique serait la suivante : Sur cet échantillon, à peine 1/4 des français pensent que l'UMP ferait mieux que le gouvernement et François Hollande contre 1/5 pour le Front National. Le reste de l'échantillon pense que ces deux partis ne feraient "ni mieux, ni moins bien" ou "moins bien". Ils sont néanmoins plus nombreux à penser que le FN ferait moins bien. Le FN disposant néanmoins d'un soutien plus important de ses sympathisans.

     
  • Un autre élément qui me pose questions, je ne sais pas s'il est dans le sondage mais c'est en tout cas la conclusion du JDD : "les Français préfèrent aujourd'hui d'autres formes d'opposition – parfois plus radicales – comme les bonnets rouges, les pigeons, les anti-mariage pour tous."
    - Cela est inquiétant pour les partis politiques traditionnels qui savent exploiter et parfois tiré profit de ces mouvements mais qui ne sont pas jamais perçu comme les instigateurs de ceux-ci.
    - C'est également inquiétant, en ce que cela révèle les difficultés à fédérer sur des projets généraux au détriment de contestations sectorielles, ponctuelles, courtes dont l'écho est amplifié par la pratique médiatique. Indépendamment de la légitimité et des causes défendues par ces mouvements, je pense que c'est une tendance de fond qui rendra à l'avenir de plus en plus délicat de fédérer sur de grands projets pour les partis traditionnels. Reste à savoir si cela touche à la complexité qui rebute ou de la longue agonie des partis politiques et des institutions.

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