Points de vue alternatifs

Analyse et veille des médias internationaux : géopolitique, économie, numérique...


Exclusif - Der Spiegel : "Examen des obligations d'état italiennes : Les étranges standards de la BCE"

Publié par Kiergaard sur 9 Novembre 2013, 20:57pm

Catégories : #Actualité économique et financière

Apparemment la presse allemande n'a pas beaucoup aimé la baisse des taux directeurs de la BCE et se met à fouiller un peu dans les méthodes et normes de la BCE. Ce qui en ressort n'est pas vraiment brillant. Voilà ce qu'il en ressort d'après Der Spiegel :

  • Le domaine visé est celui des obligations d'état déposées en collatéral en l'échange de prêts. Plus précisément, il s'agit d'un type particulier d'obligations appelées "obligations coupons détachés" (Stripped bonds ou short bonds). Une centaine de ces obligations sont actuellement notées "A" par la BCE et la Banque Centrale d'Italie alors qu'ils sont notés "B" par les agences de notation.
  • En accordant un "A" à ces obligations, elle favorise les banques italiennes qui en détiennent et qui s'en servent comme collatéral pour obtenir des prêts de la BCE.
  • Normalement la BCE se sert de l'évaluation de 4 agences de notation (les 3 principales + DBRS (Dominion Bond Rating Service) pour évaluer la qualité du collatéral qui lui est soumis.
  • Concernant les obligations de l'Italie seule la petite agence DBRS maintient une notation "A". Le gros problème est que l'agence DBRS elle-même a souligné auprès du journal Spiegel que leurs notations ne concernent actuellement pas les "obligations coupons détachés" Aucune revue des obligations italiennes n'a été effectuée en détail par cette agence.
  • La BCE utilise toujours la meilleure note dans la catégorie d'obligation visée tant que les obligations spécifiques n'ont pas été examinées. Néanmoins, comme le rapporte l'agence sa notation ne porte même pas sur cette catégorie, la conclusion du Spiegel est sans appel : "La BCE ne devrait pas utiliser cette classification pour les obligations en question, c'est aussi simple".
  • Après une réponse de la BCE à des demandes du Spiegel, l'agence de notation DBRS a envoyé un second mail indiquant que les informations communiquées ne devraient pas être utilisées. Conclusion du Spiegel : "Cela ressemble à un freinage d'urgence".

Mise en question de la transparence et de l'indépendance et de la transparence de la BCE, cela pose également question quant à l'objectivité de la BCE qui pourrait être tenté d'user certaines failles, tout du moins à avoir une interprétation extensive de certaines dispositions, pour des visées stratégiques.

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents