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Croatie : À peine dans l'UE, déjà sous pression. Vers un recours au FMI ?

Publié par Kiergaard sur 6 Novembre 2013, 12:48pm

Catégories : #Actualité économique et financière

C'est ce qu'il ressort des déclarations du ministre croate des Finances, Slavko Linic, dans un entretien accordé au quotidien croate Globus et reprise ce matin par Bloomberg.
[L'article de Globus s'intitule : "Nous n'avons pas à rejeter le FMI"]

En introduction voici les "prévisions" de la Commission Européenne pour la Croatie (le tableau au bas synthétise les données actuelles et "à venir").

  • Les besoins de financement de la dette croate vont aller en s'accroissant si la croissance ne revient pas dans les prochains mois en Croatie et vont devenir "énormes et très risqués" selon ce que Bloomberg rapporte des déclarations du ministre des Finances croates (disponible partiellement sur l'article croate original).
  • Le journal souligne que l'entrée dans l'UE aura nécessairement des conséquences sur les discussions autour du budget pour cette année. Pour le moment on ne sait rien des discussions qui peuvent avoir lieu entre responsables politiques croates et européens, il y a une crainte latente que la procédure de déficit excessif annoncée hier par Oli Rehn contre la Croatie aboutisse à une soumission au "diktat de Bruxelles" et à des réformes douloureuses (et inefficaces) que les croates craignent dans ce contexte difficile.
  • Comme toujours, sont blâmés le taux de chômage élevé, le secteur public "inefficace" et la dette publique (Bloomberg). Le ministre des Finances soutient que la croissance croate sera tirée en partie par l'investissement public l'an prochain pour atteindre 1.3% en 2014 (contre 0.5% pour les prévisions à politiques inchangées de la Commission)... Le déficit public de la Croatie est actuellement autour de 7% du PIB.
  • Le ministre des Finances croate souligne que des coupes impitoyables dans les dépenses seraient "dangereuses" dans le contexte actuel et "très très risquées".
  • Le ministre est conscient des problèmes posés par l'augmentation des taux d'emprunts de la Croatie (taux d'emprunts qui ne vont pas baisser au vu de l'attention mise sur la Croatie par les déclarations l'Oli Rehn...) et il conçoit et un éventuel recours au FMI comme une manière de faire baisser ces taux.
  • Le ministre croate entend réduire son déficit en espérant de fortes recettes tirées par sa projection de croissance (!!) ainsi que d'une hausse de la TVA (!!), il souligne que réduire trop les dépenses notamment liées à certaines subventions amputerait trop la compétitivité croate, certaines pensions vont être amputées de 10%...

L'apprentissage des règles budgétaires européennes et de la perte de souveraineté associée va être douloureux pour les croates...

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