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Libye : Le premier ministre se fait "enlever" quelques heures par des hommes officiellement sous son autorité

Publié par Kiergaard sur 10 Octobre 2013, 11:05am

Catégories : #Géopolitique-International

Sinon tout va bien...

  • Contexte : "Les soldats américains ont procédé samedi à un raid en capturant l'un es leaders présumés d'Al-Qaïda à Tripoli, en Libye (Abou Anas al-Libi)" (Le Parisien)
    [...] " Anas al-Libi était revenu en Libye après le déclenchement de l'insurrection contre le régime de Mouammar Kadhafi en 2011 et il aurait pris part aux combats au côté des rebelles libyens"
    - Cette intervention a été mal vécue par le gouvernement libyen atteint dans sa souveraineté et son autorité et qui doit composer quotidiennement avec les extrémistes : "Le gouvernement libyen, s'est retrouvé dans l'embarras à l'annonce de cette capture, qui pourrait lui attirer les foudres des islamistes extrémistes, de plus en plus influents dans le pays. Il a assuré ne pas être avoir été au courant de l'opération américaine et avoir demandé des «explications» à Washington. Le président de la Commission de la sécurité nationale à l'Assemblée nationale, la plus haute autorité politique en Libye, a indiqué lui aussi ne pas être au courant de l'opération. «Informées ou non informées, dans les deux cas, c'est une catastrophe pour les autorités et la souveraineté du pays», note un analyste libyen." Des groupes djihadistes appelaient déjà à la vengeance...
    Pendant ce temps John Kerry se félicitait de l'opération (dite de "rendition") et le terroriste présumé était emmené sur un navire US présent en Méditerranée, tandis que le porte parole de la Maison Blanche déclarait : ""Il [Abou Anas Al-Libi] appartient à l'évidence à Al-Qaida et il est recherché pour des charges précises. Lorsque nous en avons la possibilité, nous préférons capturer quelqu'un comme M. Libi"
    - Les autorités libyennes avaient tenté de reprendre la main en affirmant ne pas être au courant et en exigeant que le terroriste présumé lui soit remis et, se joignant aux organisations internationales, que ses droits soient respectés.

  • Développements récents :

(Reuters) : "Des hommes armés appartenant à une ancienne faction rebelle ont enlevé jeudi matin le Premier ministre libyen, Ali Zeidan, en représailles à la capture d'un responsable d'Al Qaïda par une unité des forces spéciales de l'armée américaine samedi à Tripoli.

Les ravisseurs ont expliqué avoir agi pour dénoncer l'assistance apportée par le gouvernement libyen à l'opération conduite par les Navy SEALs américains qui ont appréhendé Abou Anas al Liby, responsable de la mouvance islamiste recherché pour des attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998.

L'ancienne milice, connue sous le nom de Chambre des révolutionnaires de Libye, a expliqué avoir décidé d'"arrêter" Ali Zeidan après que le secrétaire d'Etat américain John Kerry a fait savoir que le gouvernement de Tripoli avait joué un rôle dans la capture d'Al Liby." (Ce n'est vraiment pas un cadeau qu'a fait John Kerry...). Il a parlé d'un "accord tacite" des autorités libyennes (Tripoli Post).

- "Une brigade d'ex-rebelles, la Cellule des opérations des révolutionnaires de Libye, opérant en théorie sous les ordres des autorités libyennes, a annoncé avoir arrêté jeudi Ali Zeidan, «suivant le code pénal libyen (...) sur ordre du parquet général». Selon cette cellule qui dépend officieusement des ministères de la Défense et de l'Intérieur, le Premier ministre a été arrêté conformément aux articles relatifs aux «crimes et délits préjudiciables à l'Etat» et aux «crimes et délits préjudiciables à la sûreté» de l'Etat." (Ce qui a été démenti par les services du procureur). D'autres sources affirment que des ordres ont été donné pour arrêter le premier ministre sous des chefs de corruption administrative et financière (Tripoli Post).

- Il a depuis été relâché.

  • Conséquences et discussion :
    - Cela montre encore de manière éclatante les tensions qui existent en Libye jusqu'au sein même de l'État...
    "Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, les autorités de transition en Libye n'ont pas réussi à rétablir la sécurité dans le pays ni à mettre sur pied une armée et une police professionnelles. Elles n'ont pas réussi non plus à arrêter les responsables de différentes attaques, donnant un sentiment d'impunité aux milices armées, qui comblent le vide en matière de sécurité laissé par un État en déliquescence. Le samedi 5 octobre, quinze soldats avaient été tués dans une attaque contre un point de contrôle situé à une centaine de kilomètres au sud-est de Tripoli.
    Deux ans après la révolution, la Libye reste un pays coupé en plusieurs territoires (Misrata, Barqa, Djebel Nefousa, Zouwara, Zentan, la zone du Sud avec les Toubous, etc.). Et ces «territoires» sont contrôlés par des milices armées constituées par des éléments tribaux. Les conflits sont très nombreux entre tribus ce qui ajoute au climat d'insécurit
    é."
    - D'après le Tripoli Post, le ministre de l'Intérieur pourrait être contraint de démissionner suite à cet incident.
    - "Le premier ministre libyen Ali Zeidan a annoncé jeudi sur son compte Twitter qu'il n'entendait pas démissionner malgré son enlèvement plus tôt dans la journée.
    "L'opération d'enlèvement me visant n'a pas réussi à me contraindre à la démission (…). Nous traversons une période difficile, mais nous sommes sur la bonne voie", a écrit M.Zeidan.
    (RIA Novosti).

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