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Le point sur les informations concernant la Syrie (23 octobre)

Publié par Kiergaard sur 23 Octobre 2013, 13:09pm

Catégories : #Géopolitique-International

Le point sur les informations concernant la Syrie (23 octobre)

Techniquement nous sommes un mois avant la tenue de la conférence de Genève 2 qui doit aboutir à ... (et bien les versions divergent totalement selon l'interlocuteur choisi...), l'occasion de faire le point sur plusieurs données... C'est un sacré bordel tout cela.

  • L'entente parmi les "alliés" s'amenuise : Le Qatar propose à la Syrie de "faire la paix...", l'Arabie Saoudite s'impatiente face aux blocages et lenteurs américaines, coincées dans le piège diplomatique dont ils doivent maintenir la cohérence idéologique en appelant au départ d'Assad comme unique objectif de la cohérence et comme préalable à la construction d'une Syrie apaisée et démocratique (bien comme il faut, après tout la Syrie devrait écouter ses "Amis"...).
  • Des divergences pointent également entre la Russie et la Syrie, alors que l'attention était focalisée sur le fait que les combattants et certaines forces d'opposition pourraient constituer un frein à l'organisation de la conférence, la patate chaude est en train de retomber sur la tête d'Assad qui maintient l'ambiguïté sur sa participation à l'élection présidentielle de l'an prochain, offrant une prise à John Kerry de marteler à nouveau la responsabilité du président syrien sur l'incident-attaque chimique du 21 août, dont on ne sait toujours rien.
  • Dans tous les cas, diplomatiquement, le casse-tête est complet. Les occidentaux sont en accord avec leur position idéologique et leur rhétorique en appelant au départ d'Assad. Ce dernier, lui, peut légitimement penser qu'il disposera d'un soutien assez important de la population s'il se contente de quelques démarches d'ouverture lors de la prochaine présidentielle. Les occidentaux ne peuvent pas le laisser se présenter au risque de se voir infliger une défaite monumentale (je suis sincèrement convaincu que près de la majorité de la population préfèrerait reconduire à Assad avec des changements de gouvernement que d'élire un représentant syrien basé à Ankara depuis le début de la guerre civile... Ils craignent l'effondrement de leur rhétorique. Assad pourrait même demander à organiser un référendum sous contrôle international pour s'en assurer (je provoque un peu, les électeurs iraient voter avec des pistolets sur la tempe (de la part du régime ou de "l"opposition"...)).
  • Concernant le bilan, j'insiste encore ... Les propres chiffres de l'Observatoire Syrien des droits de l'homme (qui n'est pas une association non-gouvernementale et qui a donc intérêt à donner l'impression que les morts du côté du régime sont un peu gonflés)... On va dire plus de 110 000 morts qui se répartissent officiellement comme suit : "Ce nouveau bilan de l'OSDH comprend 40 146 civils, 21 850 combattants rebelles et 45 478 membres de forces gouvernementales". On va dire 35 000 civils, 25 000 combattants et 40 000 membres des forces gouvernementales... On est loin de l'image du boucher qui tue les civils... Impossible d'obtenir une évaluation de la responsabilité des uns et des autres dans les morts civiles... Mais on sait que les attentats suicides et les voitures piégées (marques des groupes islamistes) ont fait énormément de victimes comme les tirs de mortiers aléatoires des rebelles mais également les bombardements aériens du régime... Impossible de dire qu'un groupe est plus légitime que l'autre pour gouverner des civils qu'ils ont tous deux contribué à décimer... et à forcer à l'exil..
  • Continuer à considérer que tout soulèvement par une "opposition" mène nécessairement la caractérisation d'un régime dictatorial qui mérite d'être renversé est pathétique mais c'est pourtant ce qui est fait de manière très hypocrite depuis le déclenchement de la guerre civile en Syrie et entretenu par la rhétorique officielle... Que peut-on attendre d'une réunion où tous les intervenants n'ont pas le même point de vue ? Pas grand chose... La volonté de tout changer pour projeter ses propres intérêts sur un pays souverain est tout aussi contestable que de prôner un statut-quo en niant la réalité du terrain et en faisant fi de l'histoire...

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